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L'Enfant et la Bête



 
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 L'Enfant et la Bête

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Taichi Tomoe Yukimura
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MessageSujet: L'Enfant et la Bête   Mar 13 Mar 2018 - 0:13



L'Enfant et la Bête

Feat Vilhelm A. Jarlsonfel & Tachi Tomoe Yukimura

L’agacement.

Voilà le sentiment qui anime à l’heure actuelle Taichi Tomoe.

Elle regarde son précieux wakizashi, ébréché et –de fait- inutilisable comme arme de défense. La lame a souffert c’est certain. Trop d’année d’utilisation, et malgré le soin qu’elle donne à son arme fétiche, le temps gagne la partie. Elle le sait, même si se l’avouer revient à accepter son échec dans la préservation de son arme, sa lame est irréparable.

Elle soupire. Assise en seika sur un coussin, face à la table basse lui servant à la fois de bureau et de table à manger, son arme posée hors de son fourreau posée dessus. Elle ne bouge pas, ayant du mal à trancher le cas de cette arme devenu obsolète. La logique dicte qu’elle doit s’en débarrasser et s’en procurer une nouvelle, meilleure et intacte. L’affect affirme qu’il faut tenter la réparation chez un artisan spécialisé. Le choix s’avère être cornélien, car pour elle la question financière n’entre pas en ligne de compte. Les yeux fermés, elle délibère avec elle-même pour que l’un des deux partis –l’affect ou la logique-, remporte la bataille intérieure. En les rouvrant, sa décision est prise : elle refuse de se séparer de son arme.

La jeune adolescente attrape alors son outil de travail, à savoir son ordinateur portable. Avec célérité, elle l’allume puis lance une recherche internet pour trouver dans le secteur un spécialiste en arme blanche. Elle écume donc des dizaines de sites sans trouver son bonheur, jusqu’au moment où, elle trouve ce nouveau venu. D’après le site que la fillette consulte, et qui regroupe tous les maîtres-forgerons ainsi que la localisation de leurs échoppes sur le territoire nippon, il y aurait une nouvelle forge à proximité. C’est une véritable aubaine pour elle et son arme préférée.

Sans plus attendre, elle ferme son ordinateur, le fourre dans son sac bandoulière en même temps que son wakizashi, enfile son manteau, puis ses chaussures une fois dans l’entrée et comme à son habitude, bloque sur la porte d’entrée. La main sur la poignée, elle ne peut empêcher son corps de trembler. Sortir de chez elle, affronter le monde extérieur plein de danger représente toujours un défini de chaque instant. Elle prend son courage à deux mains, et quitte sa maison, son refuge.

Grâce à son téléphone, et à une bonne carte, elle trouve rapidement l’atelier qu’elle cherche. Durant quelques instants elle reste dehors, observant cette nouvelle enseigne.  « Le Cercle », elle trouve ce nom étrange et atypique. La vitrine lui inspire confiance et lui donne envie de rentrer, toutes ces lames disposée en vitrine lui donne envie de s’en offrir une nouvelle. Elle secoue brusquement la tête, elle n’est pas venue acheter, mais faire réparer.

Taichi Tomoe passe alors la porte de l’échoppe, un peu timidement. Au fond elle est impressionnée par la diversité des armes proposées et leur qualité visible. C’est un Maître-forgeron qui les forge, c’est une évidence même. Le travail, est d’une finesse inégalable pour ses yeux de connaisseuse. Belles, équilibrés, certaines gravées … venir ici est une excellente décision, elle s’en félicite. Si quelqu’un peut sauver sa compagne affûtée, c’est bien le propriétaire du lieu où elle se trouve. L’arrière-salle l’intrigue au plus haut point et elle s’avance vers elle sans hésitation.

Quand elle y pénètre, c’est l’émerveillement qui prend place dans ses yeux. C’est l’image même de la forge ancienne qu’elle voit devant elle. Elle apprécie l’atmosphère qui se dégage de ce lieu. Elle le sait, y rester des heures, près du feu sur son ordinateur, ou à manier sa lame ou encore juste à observer les merveilles en cours de création.

C’est dans un sursaut qu’elle tombe nez à nez, ou plutôt nez à abdominaux, face au Maître-forgeron dont elle a besoin.

L’enfant doit pencher la tête en arrière pour arriver à voir le visage de cet homme. Une aura animale l’entoure, le rendant encore plus intimidant si on l’associe à sa hauteur. Deux cicatrices barrent ses yeux, mais il est clair pour la petite que son activité de forge n’est pas responsable de ces marques. Il a probablement vécu beaucoup de choses pénibles dans sa vie avant d’arriver en ville. Sa stature, aussi haute que large, donne la sensation à la jeune fille d’être encore plus petite qu’elle ne l’est.

Au fond d’elle, la peur rôde, prête à s’emparer d’elle en un claquement de doigt. Pourtant, Taichi Tomoe réussit à se maîtriser, elle recule d’un pas pour mieux le voir et surtout pour être vu. Elle le sait, sa taille peut la faire disparaitre dans le décor, surtout vu la taille de son futur interlocuteur. Alors de sa voix, pense-t-elle, la plus forte –alors qu’elle est en réalité toute fluette-, elle s’adresse à lui après s’être inclinée comme le veut les usages nippons.

« - Ohayo gazaimasu. Monsieur le Maître-forgeron, je viens vous voir parce que … »

L’homme la regarde seulement, et elle sent sur elle tout le poids de ce regard. Ce qui la bloque temporairement dans sa phrase. Mais elle est une Yukimura, elle ne peut pas -ne doit pas- se laisser aller à la frayeur. Courageusement, elle reprend alors sa demande. C’est important pour elle de voir sa lame restaurée et retrouver son lustre passée.

« - Je … j’aimerai louer vos services pour … restaurer ma lame fétiche. »

Sans brusquerie, elle sort alors de son sac bandoulière son wakizashi dont la lame est toujours dans son fourreau. Limite avec cérémonie, elle tend l’arme au à l’homme, dont l’aura lui fait penser à une bête. Une bête dangereuse mais gentille au fond d’elle.

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Vilhelm A. Jarlsonfel
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MessageSujet: Re: L'Enfant et la Bête   Dim 8 Avr 2018 - 0:33


L'Enfant et la Bête

Feat  ~ Taichi Tomoe

La journée avait bien commencée, un beau soleil brille et le temps est splendide, ce qui concours à ma rare bonne humeur matinale. Aujourd’hui je reçoit d’un fournisseur un nouvel alliage TA6V spécial trempe, que je rêve depuis longtemps de posséder. Ses qualités élastiques et résistantes dépassent de loin l’acier standard que l’on peut trouver dans le commerce, à tel point qu’il est même utilisé dans l’industrie et l’aéronautique. J’ai mis la main sur une centaine de kilo de cette merveille, de quoi réaliser quelques oeuvre et retaper mes vieilleries. Je monte donc dans mon fourgon et part pour une petite virée dans une ville voisine.

Quelques heures plus tard, de retour à ma boutique, je décharge la quantité de ferraille que j’ai récupéré. Près de 300 kilo d’alliage de fer-carboné et de tungstène, presque 100kg de laiton, et tout autant de mon nouveau joujou. Le tout rangé dans la réserve, je conserve juste une barre d’alliage pour m’amuser un peu. La forge flambe déjà depuis mon arrivée, et le four est bien chaud. Le charbon crépite lorsque l’acier pénètre ses braises ardentes, et en une dizaine de minutes la barre est chauffée à blanc.
Après quelques passages au marteau-pilon, la lame prend forme peu à peu. Apres une énième chauffe je passe sur l’enclume. Le tintement régulier du marteau sur l’acier rouge résonne dans l’atelier, et chaque coup envoie voler des centaines d’étincelles. Je ne cherche pas la splendeur pour cette lame, je cherche à tester les qualités que l’on m’a tant vanté sur ce produit. Elle sera simple, mais robuste.

Deux heures plus tard, après plusieurs trempes dans l’huile et l’eau, l’affutage et l’emmanchement, la Falcata est enfin terminée. J’ai choisi une épée de style Ibérique pour cette première, c’est une lame à la fois robuste et brute, et pourtant sa prestance ne laisse pas de marbre. L’acier nervuré revoit sur les murs la lumière du soleil qui passe par la fenêtre entrouverte de l’atelier. La couleur argentée est plus claire que pour un acier standard, ça rend vraiment bien. Passant le tranchant de la lame sur ma peau, je me rase presque complètement le poignet gauche. Un sourire satisfait illumine mon visage, et je décide d’aller tester cette lame sur-le-champ. Mais c’était sans compter sur la porte d’entrée du magasin que j’entend s’ouvrir. Je n’attendais pas vraiment de client, il est presque midi, personne ne vient jamais à cette heure. En plus de ça je ne suis pas vraiment présentable, ma tenue de forge n’est pas adaptée pour recevoir quelqu’un. Je suis torse nu, couvert uniquement d’un tablier de cuir descendant de mes épaules jusqu’en-dessous de mes genoux, mon pantalon en kevlar est noirci par la suie et les brûlures. Qu’importe, à défaut d’être présentable j’aurai au moins de la crédibilité comme forgeron. Foulant le sol bétonné de mes bottes de sécu, je me dirige vers la boutique, avant de m’arrêter net à deux mètres de la porte grande ouverte.

Une jeune fillette vient de pénétrer dans mon atelier, les yeux brillants d’excitation semble-t’il. Si je n’avais pas fait attention j’aurai bien pu la renverser, tant sa présence est faible. Peut-être déjà à cause de sa taille car pour la voir il me faut baisser les yeux. Elle ne semble pas m’avoir encore remarqué, son épaisse crinière sombre me cache surement à sa vision.
Je me demande quand même ce qu’une enfant vient faire dans ma boutique, c’est pas un endroit pour une gosse ici. D’autant plus une gamine… ça touche à tout, ça pause des questions sans cesse, ça fait conneries sur conneries, et plus encore.

Voilà bien une vingtaine de secondes qu’elle observe ma forge sans même prêter attend attention à ma présence, ce qui cours légèrement sur mes nerfs. Je fais une enjambé dans sa direction, écrasant bruyamment mon pied sur le sol à quelques centimètres d’elle, ce qui la fait sursauter et se retourner vers moi. De près, sa taille me semble d’autant plus minime que sa tête arrive à peine au niveau de la plus basse de mes côtes. Son visage se lève vers moi, découvrant ainsi deux prunelles violacées, voilées par une appréhension soudaine et une sorte de sentiment de peur. Son visage fin et enfantin semble me scruter.

Elle reste là un instant, sans bouger, à me regarder. Comme paralysée par la peur ou un sentiment qui s’y apparente, elle semble luter pour ne pas s’enfuir à toute jambe. Comme si j’allais la bouffer. Cela dit je la comprend, ma tronche ne revient pas à tout le monde, et je ne suis pas vraiment très populaire auprès des mioches à cause de ma gueule de tueur.

Elle fait doucement un pas en arrière et s’incline respectueusement. Un chose est sûre, la petite semble bien être éduquée. La coutume japonaise veut que l’on rende un salut il me semble, et même si je ne suis pas vraiment familier avec la chose, j’incline tout de même la tête pour faire bonne figure. Les respects échangés, elle entame la conversation.

« - Ohayo gazaimasu. Monsieur le Maître-forgeron, je viens vous voir parce que … »

Je lève un sourcil. Mon visage inexpressif semble la troubler, à moins que ce ne soit le regard soutenu dont je la leste depuis son arrivée. Il est vrai que c’est une première pour moi, qu’une gamine vienne dans ma boutique, et je suis pressé de savoir ce qu’elle me veut. Elle semble perdue, timide peut être ? Ou alors impressionné, possible aussi. Toujours est-il qu’elle parvient à poursuivre, la voix tremblante, le ton surjoué, feignant une assurance évidemment inexistante.

- Je … j’aimerai louer vos services pour … restaurer ma lame fétiche. »

Je lève mon second sourcil. Qu’est-ce qu’une gosse de son âge fout avec une arme blanche ? C’est inconscient de la part de ses parents de la laisser se balader avec, à son âge on parle fringue avec ses copines, on commence à peine à faire quelques soirées entre potes avec un verre de limonade et une putain de bière sans alcool. En aucun cas on se balade armé !
Enfin bon, je m’emporte peut être un peu vite. Il peut tout à fait s’agir d’une sorte de porte bonheur ou de cadeau qu’elle aura fait tomber et qui sera écaillé. Je l’observe alors retirer son sac bandoulière, y fourrer la main pour la voir en sortir…. Un katana ?! Non, plus court, un tantô ou un ninjatô ? Le fourreau légèrement recourbé m’éclaire enfin sur la nature de l’arme en question : Un Wakizashi.

Par Odìn qu’est-ce qu’elle branle avec ça ?! C’est pas un jouet ! Elle pourrait tout autant se blesser que blesser quelqu’un avec une arme de cet acabit. A moins de savoir parfaitement le manier - comme toute arme par ailleurs - ce sabre est un véritable danger.
Elle me tend alors l’arme, cérémonieusement, avec un profond respect apparent. Mes doutes s’intensifient, j’ai vu des Yakuza faire de même avec leurs armes quand ils me les apportent, c’est une marque indéniable de compétence et de convictions. Cette fillette m’intrigue de plus en plus.

Délicatement, j’empoigne l’épée par le fourreau et la porte à hauteur de mes yeux, en silence. Plaçant ma main doucement sur le Tsuka, je tire d’un coup sec, et la lame coulisse hors du Saya. Je la dresse devant moi, examinant le tranchant et le plat de la lame, les nervures et le teint. Mes yeux s’éclairent d’une étincelle d’admiration et d’excitation devant le travail magnifique de cette lame splendide, d’une rareté et d’une beauté unique. Un authentique Tamahagane, le must du sabre japonais traditionnel, une oeuvre de maitre. Mais mes yeux se voilent à la vue de l’état de cette lame. Elle est à deux doigts de se briser, un coup de plus et elle éclate en morceaux pour ainsi dire. L’acier rigide de damas est impossible à réparer, cette lame est purement et simplement foutue. Ca me fout un coup au moral immense, après la joie d’avoir découvert une telle merveille. Mais plus que tout, cela me soulève quelques questions. Comment cette lame à pu arriver entre les mains de cette jeune femme ? Et comment bordel a-t-elle pu la mettre dans cet état ?! A moins de s’en servir de manière régulière dans des combats effrénés, je ne vois pas d’autres explications. Il est temps de vérifier mes boutes.

Remettant la lame dans son fourreau, je la pose sur le plan de travail à côté de moi et empoigne un bâton qui traine juste à coté, de longueur et poids à peu près égal au wakizashi et le jette à la gamine, qui l’attrape maladroitement. Elle à l’air perdu, son regard interloqué m’indique qu’elle ne comprend pas ce qu’il se passe. J’empoigne Hecatomb, qui était pendue sur le mur avec mon manteau. Je la brandit vers elle, et la toise du regard intensément.

« Une seule touche. Montre moi ce que tu vaux. »

Je connais mon arme par coeur, je ne peux pas en dire de même pour la gamine. Si c’est le cas, et qu'elle réussit à me toucher ne serais-ce qu'une seule fois, alors je me serai trompé sur son cas, et j’envisagerai de trouver une solution pour son sabre. S’il s’avère qu’elle me déçoive, alors elle rentrerait chez elle, son sabre détruit dans son sac et mon pied au cul. Si elle me touche une seule fois, j’ai perdu. Mais qu’en est-il si je la touche en premier ?

Dans un battement de cil, ma hache fend l’air et s’arrête à un centimètre du visage de ma jeune cliente potentielle. Son regard interloqué laisse place à des yeux écarquillés par la peur, elle tremble. Je suis sûr qu’elle ne s’attendait pas à ça en venant ici, loin de là. Mais si elle désire revoir son arme en un seul morceau il faut qu’elle me prouve sa foi, sa compétence, sa force. Je veux apprendre à la connaitre, pas avec ses mots mais avec ses actes. Rien de mieux qu’un combat pour apprendre à se connaitre. Et avec de la chance, j’arriverai à la libérer de cette peur qui l’anime, ce que je veux c’est qu’elle reprenne assez de confiance pour affirmer ses convictions et ses choix. Je veux qu’elle me hurle ce qu’elle désire, sentir au plus profond de moi que son plus profond souhait est de voir son arme briller et trancher de nouveau.

Je retire mon arme de sa face, la fait vriller et tourner autour de moi avant de la saisir en garde, dans mes deux mains, en position défensive.

« Bats toi. »

"Convictions disparates"

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Taichi Tomoe Yukimura
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MessageSujet: Re: L'Enfant et la Bête   Lun 16 Avr 2018 - 19:48


L'Enfant et la Bête

Feat Vilhelm A. Jarsonfel & Taichi Tomoe Yukimura

Suite à la requête de Taichi, le forgeron lève un sourcil. Clairement il s’interroge sur les motivations de la jeune fille. Peut-être même qu’il jauge son âge en fonction de sa faible taille. La jeune nippone en est persuadée qu’il la considère comme une enfant de 10 ou 11 ans au mieux. De fait posséder une arme blanche à cet âge-là est du domaine de l’inconscience pour n’importe quel humain.

Logique.

Sauf que Taichi n’est pas une humaine, mais une sorcière. Que posséder une arme blanche, dans sa formation de ninja est une base, et qu’elle a eu sa première arme à l’âge de 5 ans. Cela ne l’émeut donc pas d’avoir une lame à 15 ans, c’est même la normalité à ses yeux.
Cependant le regard de l’homme, oscillant entre la surprise et l’incompréhension –on ne peut lui en vouloir-, lui prouve que sa possession est loin d’être une norme.

Pourtant le forgeron prend délicatement son arme fétiche dans ses grandes mains et la porte au niveau de son regard. Taichi Tomoe se redresse alors, espérant qu’il lui offre une réponse positive à sa demande. L’examen de sa lame s’avère plus long qu’elle ne l’espère. L’homme est d’abord très enthousiaste, une étincelle s’allume dans son regard liée à l’excitation et à l’admiration du travail bien fait.
Elle le sait son wakizashi est un véritable Tamahagane, une œuvre d’art parmi les sabres traditionnels.
Il y a largement de quoi s’enorgueillir de posséder une telle lame. L’étincelle aussitôt arrivée, disparait rapidement lorsque le regard aguerri du maître forgeron détaille la lame abîmée.

Taichi sait au fond que c’est un mauvais signe, elle n’est pas experte, mais sa fidèle compagne l’a souvent tirée de mauvais pas. Sa lame, jadis si effilée ne possède plus son lustre d’antan. Et le regard voilé de son  interlocuteur lui indique sans l’ombre d’un doute que l’affaire va être plus complexe que prévu. Des interrogations toutes plus importantes les unes que les autres fusent à travers les yeux de l’homme. Elle suit du regard ses mouvements.

Il range la lame dans son fourreau, puis la pose sur son plan de travail. Suite à quoi il empoigne un bâton qui traîne à proximité et le jette dans les mains de la petite. Sous la surprise et l’incompréhension, elle l’attrape maladroitement. Le regard qu’elle lance à son interlocuteur en dit long sur ce qu’elle comprend de l’action, à savoir peu de chose pour une fois.
Son esprit, tout aussi brillant qu’il est, ne parvient pas à assembler les pièces du puzzle face à elle. Et il bloque encore plus lorsque l’homme empoigne une hanche à double tranchant, gigantesque et semblant terriblement solide.
Toisée par l’homme, elle croise son regard, le sien est plein d’incompréhension.

« - Une seule touche. Montre-moi ce que tu vaux. »

Aucun sens.

Les paroles de cet homme n’ont pas de sens pour elle. Une touche ? Une touche de quoi ? Montrer ce qu’elle vaut ? Dans quel but ? Quel intérêt ? Quel objectif ? Pourquoi elle devrait le faire ?
Il n’y a aucune raison de montrer ce qu’elle vaut à cet homme. Après tout, elle venait pour lui demander un travail, pas une leçon.
Soudain, sans crier gare, la hache fend l’air et s’arrête à une distance infime de son visage. Sous le coup de l’émotion –surprise et peur mêlées-, Taichi Tomoe se met à trembler.
Cet acte … non attaque vient d’où ? Pourquoi ? Les yeux écarquillés, elle regarde le maître forgeron avec la plus grande des appréhensions. Au fond que lui veut-il ? La tuer ? Alors qu’elle ne vient que pour demander un service.
Toute cette situation est grotesque et illogique.

L’arme s’éloigne, vrille avant d’être empoignée à deux mains par le forgeron, montrant par ces gestes qu’il est rompu au combat. Sa position est une posture défensive claire et nette. Sans la moindre fioriture. C’est un homme de guerre, cette évidence s’impose dans l’esprit de la jeune sorcière. Un soldat, un guerrier.

« - Bats-toi. »

Deux mots.

Un ordre implicite. Plus aucun doute sur ce qu’il veut faire et obtenir d’elle. Le puzzle se met enfin en place de lui-même. Ce qui, plus tôt, ne possède pas de sens, est tout à fait clair maintenant. Il juge sur sa taille l’âge qu’elle possède, et veut maintenant juger son art du combat. Dans quel but ? Elle ne vient pas pour se battre, mais pour réparer son arme.

Le coup de peur passé, Taichi Tomoe cesse de trembler et se calme rapidement. Laissant voir pour la première fois depuis son entrée dans l’échoppe, le visage d’une jeune femme mature et se maîtrisant jusqu’au bout des doigts. Avec une aisance nouvelle aux yeux de son adversaire, elle soupèse le bâton. Il est de poids équivalent à celui de son arme, mais est légèrement plus grand. Un handicape potentiel ou un avantage léger ? A son tour elle jauge son vis-à-vis à sa taille, son allure, sa posture et surtout sa hache.

Il la manie avec aisance visiblement, ce qui signifie qu’il use d’elle régulièrement. Les cicatrices qu’il arbore font sens à présent dans le raisonnement de la sorcière. Elles sont les récompenses –les séquelles- des combats âpres qu’il a menée. Sa stature ne doit donc aucunement le gêner, ni le handicaper. Dire qu’il doit être rapide peut-être pas, mais il n’est certainement pas lent. Ses réflexes doivent être très vifs pour lui assurer cette confiance en lui écrasante. Pour lui, aucun doute, elle ne sait pas manier son arme. Elle doit seulement représenter une relique importante sentimentalement, rien de plus. Il pense gagner avec facilité.

Taichi Tomoe pense tout le contraire. Elle sait qu’elle peut mettre à profit sa petite taille contre ce géant, utiliser sa force à lui pour le vaincre. Elle est une ninja, sa force elle la connait sur le bout des ongles.

Bâton de bois contre Hache faite dans un alliage robuste.

Potentiellement risqué, mais pas impossible.

L’agilité est l’un de ses points forts, la réflexion avec l’anticipation aussi. Son regard embrasse d’un rapide coup d’œil sûr le terrain de cette bataille.
Terrain très encombré, qui jusqu’à il y a peu la plongeait dans le plus grand émerveillement.
Aucune chance de faire sortir ce colosse de cette pièce où le mouvement est égal à de la contorsion ou … de la danse ? Oui c’est exactement ça. L’idée dans son esprit la fait sourire largement. Pas un de ses sourires d’enfants contents devant un gâteau, non un sourire mutin, celui qui annonce la bêtise.
Ils allaient danser ou plutôt elle va danser.

A son tour elle se met en garde, le bâton appuyé contre sa hanche droite à la manière des samouraïs. Droite, Taichi défie du regard ouvertement son adversaire. Ne pas être touchée. C’est la seule règle ici, même si au fond elle ignore les dégâts suites au fait ce qu’elle soit touchée elle. Mais après tout … quelle importance ? C’est aussi ça qui rend un combat excitant et passionnant !

En y repensant maintenant qu’elle attendait l’attaque de son adversaire, concentrée sur ses mouvements, Taichi Tomoe sait où est la faille dans le premier ordre. « Une seule touche. », nulle part cet homme ne précise comment elle doit le toucher, ni même où.

Soudain il fait un pas en avant et sa hache décrit un large moulinet avant de s’abattre sur elle avec une grande célérité. Aucune trace de surprise dans le regard de la jeune fille, elle ne porte pas non plus sa main gauche à son arme de fortune. Non, elle se contente d’attendre le dernier moment pour esquiver d’un pas en arrière suivit d’un saut pour se mettre hors de portée temporairement. La voilà maintenant juchée en équilibre sur la pointe des pieds, sur le bord d’un des établis de la forge. Comme si le combat ne démarre pas, elle attrape dans sa besace un élastique et commence à attacher ses longs cheveux. Un peu de praticité.

Ce geste, agace visiblement son interlocuteur. Après tout c’est comme si elle préférait l’ignorer, que de combattre.
On s’approche –dangereusement- de l’injure.
Une nouvelle attaque, un estoque cette fois, visant sa hanche gauche. Glissade dans le bon timing, retour sur le sol. Deux petits sauts arrière et la voilà une nouvelle fois à une distance de sécurité minimal de la hache. Entre elle et le forgeron ne se trouve qu’un établis de bois massif, mais nul doute que cette hache peut le découper en deux parts si besoin.

Taichi Tomoe termine de faire son chignon. Seul ses mèches de devant et sa frange en dépasse. Maintenant elle le sait, elle peut se permettre de riposter et d’aller au contact. Cependant elle compte d’abord sur son esquive, pour se sauvegarder contre cette arme de premier ordre. Ensuite elle n’oublie pas la prudence, elle n’a pas le temps –ni le loisir- de découvrir tout le potentiel du maître forgeron. La japonaise ne s’autorise que la matinée pour résoudre ce problème avant d’aller en cours, déjà qu’elle sèche sans regret ceux du matin pas nécessaire de louper une journée complète.

Au lieu de frapper l’établis de sa compagne au tranchant effilé, l’homme-ours l’écarte d’un geste rapide et sans efforts visibles. La petite s’étonne, de ce geste, mais remarque de suite la formidable ouverture que cela lui procure. Son adversaire ne souhaite donc pas abîmer le mobilier. Finalement, ce terrain qui semble inhospitalier depuis le départ est peut-être bien son meilleur atout.
Il avance, elle recule.
Sans qu’il ne s’y attende, Taichi s’élance vers lui et glisse entre ses jambes, juste avant que la hache ne s’abatte sur elle. Chanceuse, c’est ce qu’elle pense car quelques centimètres ou quelques secondes de plus pour sa glissade lui aurait très surement coûtée très cher. Elle est derrière lui et en profite pour se retourner, dégainer son bâton pour la première fois et tenter une touche.

Echec.

Le grizzly est aussi rapide qu’elle, il lui fait déjà face et du plat de son arme repousse le bâton avec aisance. Elle jure dans un murmure, elle vient de rater une superbe occasion. Puis elle se dit que des occasions, il va y en avoir d’autres. Tel une acrobate, elle se hisse sur des étagères proches. Pendant ce temps, du coin de l’œil elle capte un rapprochement léger entre les deux jambes de son compagnon de danse.
Tant pis la glissade n’est plus une option.
La voie des airs peut, elle, être exploitée pleinement et donner la touche voulu. Tenant fermement son bâton de sa main gauche, se retenant à l’étagère de la droite, elle s’offre une légère poussée avant de lâcher ses appuis et de passer juste au-dessus de son adversaire.

Durant ce gracieux mouvement, elle lui assène un coup de bâton sur l’épaule juste au moment où elle passe dans son dos. Touché. Un grand sourire naît sur ses lèvres. Elle possède sa touche mais … maintenant elle veut s’amuser un peu avec ce grand gaillard. Toujours en l’air, elle se sert du bâton pour se repousser vers les hauteurs et s’installer avec aisance sur les épaules de son partenaire de jeux.

Une jambe de part et d’autre de la tête de l’homme, le bâton en équilibre entre ses épaules à elle et ses poignées. D’un geste ample, elle lâche partiellement son arme temporaire pour donner une petite tape amicale sur le haut du crâne du géant. Seconde touche, voir troisième si elle compte son positionnement.

« - Acceptez-vous de voir ce que vous pouvez faire pour mon compagnon de combat ? »

Sa petite voix possède un accent mutin, traduisant sans peine le sourire qu’elle arbore. Elle espère que cette démonstration, suffira à ce gentil géant. Parce qu’au final, elle l’a bien compris, l’écart de force est nettement plus important que l’homme ne l’a laissé voir. Outre la frustration –lié à la sensation qu’on l’a laissé gagner-, l’excitation d’avoir rencontré un adversaire bien plus haut niveau qu’elle, l’emporte.

Taichi Tomoe sait que ce n’est pas le moment mais … après tout pourquoi pas lui proposer de l’entrainer par la suite ? Ce grizzly géant doit être un rudement bon professeur !

"Esquive"

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Vilhelm A. Jarlsonfel
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MessageSujet: Re: L'Enfant et la Bête   Jeu 29 Nov 2018 - 11:21


L'Enfant et la Bête

Feat  ~ Taichi Tomoe

Mon injonction ne laisse pas mon adversaire de marbre, elle semble avoir compris où je voulait en venir. Elle ne mit que quelques secondes à reprendre son calme, et mon impression changea subitement. Un léger sourire se dessine au coin de mes lèvres. Finalement, elle va se battre semblerait-il. Du moins, je ne ressent plus sa peur, mais sa sérénité. mais surtout, c’est son regard qui m’interpelle : elle me jauge. Elle soupèse quelque peut son arme de fortune et semble analyser l’utilisation potentielle qu’elle pourrait en faire. A vrai dire, je suis assez étonné que le résultat de ma provocation se fasse sentir aussi rapidement. Je ne reconnait plus la timide petite fille qui avait passé la porte de mon échoppe, je vois là une jeune femme experte. De quoi ? Je ne le sait pas encore, mais ça ne tardera pas.

Après moi, c’est mon atelier qui aspire son regard. Grande erreur que de détourner les yeux d’un ennemi potentiel lors d’un combat, mais sans pour autant l’attaquer je suis du coin de l’oeil son regard. J’étais en plein travail quand elle est arrivée, c’est un véritable foutoir ici. Mes établis sont tirés dans tous les sens et la forge brule à plein régime. Ça et là trainent outils et matériaux que j’ai utilisé depuis la matinée et que je n’ai pas encore prit le temps de ranger. Qu’importe, chaque chose en son temps, mais la gamine semble particulièrement sûre d’elle tout à coup, comme ayant une idée de génie en voyant le bazar omniprésent. Elle affiche un sourire, ce genre de sourire que font les enfants qui ont une connerie en tête, celui qui annonce la catastrophe.

Je renforce ma garde, et face à moi la jeune femme fait de même. Je suis interloqué une fraction de seconde par la posture qu’elle adopte. Le sabre de bois sur la hanche, comme les guerriers samouraïs de l’ère précédente. Ce n’est pas une école très répandue, ce style n’est que rarement pratiqué si mes souvenirs sont exact. Mais trêve de spéculation, voyons voir ce que la gamine a dans le ventre !

D’une fente droite j’abat rapidement ma hache sur mon adversaire sans prendre le temps de la ménager, contrôlant chaque fibre de mon corps dans l’unique but d’arrêter mon coup s’il s’avérait qu’elle ne puisse esquiver. Je ne dis pas que j’ai retenu mon coups pour autant, j’ai volontairement augmenté l’amplitude nécessaire à mon attaque pour pouvoir évaluer sa réaction.
Quelle n’est pas ma surprise lorsque je vois la gamine reculer d’un pas nonchalant juste après le paroxysme de la parabole décrite par mon mouvement. Comme s’il lui eut fallu moins de temps pour esquiver qu’il m’en a fallu pour préparer mon attaque. Je suis sidéré par sa rapidité et ses réflexes, mais aussi par son agilité. La voilà maintenant perchée sur mon établi de soudure. Je remarque aussi qu’elle n’a pas encore dégainé, chose commune lorsque l’on considère qu’il est inutile de s’armer pour se défendre ou attaquer. Je veux bien savoir que j’y suis allé à mi-mesure, pour la tester surtout, mais ce dépit me fait pousser une veine sur le front. Je ne laisserait pas passer cette insolence impunément, surtout maintenant qu’elle prend le temps de s’attacher les cheveux comme si de rien n’était. Son flegme me sidère tout autant que son habileté, il y a plus à découvrir sur cette gamine que les apparences qu’elle donne à voir.

Ma patience ayant des limites relativement facile à évincer, je lance sans réfléchir un coup droit visant à la déstabiliser, ou tout du moins à la bousculer. Une fois de plus cependant la voilà qui telle une anguille se faufile sous le tranchant aiguisé de mon arme. Elle se meut de manière si fluide, et pourtant avec une telle maitrise que le temps nécessaire pour enclencher mon mouvement suivant lui laisse largement de quoi se positionner en retrait.
Entre elle et moi trône ce même établi qu’elle occupait seulement quelques secondes auparavant. Hors de question d’abimer du matériel aussi cher, certes elle est en bois mais un bois robuste et surtout ignifugé, et Odin sait a quel point ce traitement m’a coûté la peau du cul. J’empoigne alors le meuble de ma main libre et le pousse dans un geste franc et fort, faisant crisser sur le sol de béton les pieds dont les patins sont très certainement trop usés. Ce geste a cependant le mérite de faire apparaitre un sourire malicieux sur le visage de ma jeune adversaire. Quelle en est la raison ? A-t-elle enfin décidée de se battre sérieusement comme je l’espère ? Il n’y a pas milles façon de le savoir, j’avance d’un pas sûr vers elle à mesure qu’elle recule jusqu’à ce que, sans crier gare, elle fonce sur moi. J’abat mon arme d’une main, prenant bien gare à contrôler ma force pour arrêter le tranchant avant même qu’elle soit à portée. C’était sans compter sur cette glissade sortie de je ne sais où qui la mène à disparaitre entre mes deux jambes dont l’espace, pourtant étroit par ma garde, lui permet de passer dans mon dos. Sans plus réfléchir j’élance mon poids dans la continuité de ma frappe pour me retourner à pleine vitesse, de justesse pour interposer mon arme entre son bâton et mon flanc. Ouf, sauvé. Et qui plus est, j’ai la satisfaction de l’entendre grommeler. La voilà qui s’éloigne de nouveau, repli stratégique pour revoir ses plans j’imagine. Je ne lui laisserait pas le luxe de m’avoir une seconde fois et resserre donc ma garde.

Perchée sur mes étagères, elle observe et ma posture et la pièce environnante. Son regard ne trompe pas, elle concocte une nouvelle stratégie. Je suis assez impressionné à vrai dire, à l’heure qu’il est mes préjugés à son encontre sont presque tous tombés en désuétude. Une gamine normale serait partie en courant il y a des lustres, et là ou son calme et sa sagacité brillent, d’autres m’auraient déjà saoulés par leurs braillements et leur médiocrité. J’ai vu qu’elle sait manier son arme, reste à voir si elle peut me battre à mon propre jeu.

Elle bondit alors sans crier gare, d’un bond prodigieux la faisant presque voler à travers la pièce avec la grâce d’un cygne. Tant je suis subjugué par cet acte délibéré et fantasque que j’en oublie de parer le coup que je vois pourtant arriver à mesure qu’elle survole ma tête.

« Et ‘chier…. »

Le bâton tape sèchement sur mon épaule, elle a gagné. Mais non contente de son coup la voilà qui virevolte à la manière d’un petit singe, jusqu’à se retrouver à califourchon sur mes épaules. Une tape au sommet du crâne plus tard, la voilà qui revendique maintenant ses droits sur un ton railleurs, limite satisfait et pourtant nullement hautain.

«  Acceptez-vous de voir ce que vous pouvez faire pour mon compagnon de combat ? »

Je pause mes fesses sur le même établi de bois que je repoussais plus tôt, me frottant les cheveux au passage. Me faire avoir par une gamine, Ah ! C’est rudement bien joué, et je ne peux que dire que je suis satisfait. J’affiche désormais un grand sourire, plus nuls doute sur ses capacités.

« Prends pas trop la confiance gamine, mais c’est bien joué. Bienvenue dans la clientèle prisée du Cercle. »

J’attrape la jeune femme par les hanches avant de la soulever de mes épaules et de la reposer à terre.

« Tu veux que je jette un oeil à ton wakizashi, mais j’imagine que tu sais déjà ce qu’il en est, je me trompe ? »

Reprenant un air sérieux, je vois la tristesse depuis longtemps déjà redoutée et acceptée se peindre sur les traits de la jeune femme.

« Je vais être plus clair, et tenter de t’expliquer d’où j’en tire ma conclusion. Premièrement, il faut savoir qu’une lame de wakizashi traditionnel (comme le tient) est composé de trois parties de résistances et de souplesse différentes. La première partie est l’extérieur de la lame, partie plate et non tranchante. Elle est rigide, dure et peu souple. Elle sert surtout à la robustesse de l’arme. La seconde partie est le coeur de la lame, la partie que l’on ne voit pas sauf lorsque on la brise, elle est plus tendre et souple et sert à alléger et améliorer le maniement de la lame tout en lui conférant une certaine souplesse. La troisième partie est le tranchant, la plus dure de toute pour lui assurer une longévité sans faille. Je vais être franc, ta lame est irréparable. Le trancheant est fracturée par endroit jusqu’au centre. Impossible pour qui que ce soit de la rattraper, mais il existe une solution pour que tu puisse en conserver « une partie ». »

Je me retourne pour attraper l’épée, laissée là depuis le début de notre affrontement. Après l’avoir dégainée j’arrache le tsuka et le tsuba afin de dévoiler la lame nue. La partie occultée dans le manche, entretenue semble-t-il, me confirme que la petite prend soin de son arme.

« La solution que je peux te proposer est la suivante. Tu sais maintenant que ton arme est irrécupérable en temps que tel, mais je peux conserver le tsuka et le tsuba et reforger une nouvelle lame à partir des restes brisés en la faisant fondre. Qu’en dis-tu ? J’y ajouterait ma touche, ta lame sera plus robuste, plus légère et durera bien plus longtemps malgré les mauvais traitements que tu pourras lui infliger. »

Avec l’approbation de ma cliente, je prend les deux bouts de l’épée et commence à la cintrer, jusqu’à ce qu’elle se brise d’elle même en trois parties inégales. Il ne fait aucun doute que si je l’avais affrontée avec son arme en main la lame se serait brisée au contact de ma hache. C’est mieux ainsi. Je remarque tout de même les remords et le regard sentimental que cette vision abrupte suscitent chez la jeune femme. Je l’attrape par la taille une fois de plus et l’assied sur le rebord de la table avant de ramasser les trois morceaux éparpillés sur l’établi.
Briquet en main, j’enflamme le gaz de ma fonte. Dans le creuset je dispose les reste du wakizashi ainsi qu’une certaine quantité du nouveau métal que je me suis procuré, et met le tout à fondre à très haute température. J’utilise le laps de temps nécessaire pour atteindre le « melting point » pour nous préparer à elle et moi un bon thé vert bien chaud, et au passage faire les présentations.

« Désolé de me présenter si tard, je suis Vilhelm. Pardonne moi pour mon injonction si sèche de tout à l’heure, mais j’ai la mauvaise réputation de choisir ma clientèle. Si la boutique est ouverte à tous, mon atelier n’est ouvert qu’à une poignée de privilégiés. J’espère que tu peux comprendre. »

La jeune femme se présente sous le nom de Taichi Tomoe, un nom composé donc, qui plus est masculin et féminin à la fois. Etrange, ça ne courre pas les rues. Ceci dit je ne suis pas apte à en juger, connaitre son nom n’est déjà pas si mal, on peut repartir sur de bonnes bases.
Tout en la laissant siroter sa boisson, je m’en vais remuer le mélanger qui est presque intégralement fondu. A l’aide d’une barre d’acier je retire la pellicule d’impureté, ce qui me donne une idée. J’attrape deux pots sur une étagère, l’un contenant du Borax qui est une poudre permettant le mélange et l’accroche des aciers entre eux, l’autre contenant les cendres d’un vampire que j’ai tué dans une ruelle lors de ma rencontre avec un jeune homme singulier. Je n’avais pas tenter d’expériences pour créer des armes anti-vampire depuis un certain temps, et c’était là l’occasion rêvée. Comment n’y avais-je pas pensé avant ?
Les deux poudres versées dans le mélange, je le brasse jusqu’à obtenir un liquide argenté uniforme que je coule sous la forme d’un lingot allongé. Il me faudra près d’une heure pour arriver à une lame fine et légèrement courbée, entre le refroidissement, le martelage au marteau et à l’enclume, les chauffes successives et les trempes avec de l’argile selon la tradition. Les affutages longs et successifs me prennent eux aussi une heure de plus, jusqu’à arriver à la toute dernière trempe. Il est environ onze heure et demi lorsque je remis le tsuka à sa place. Observant les reflets bleutés de la lame flambant neuve à la lumière, je suis on ne peut plus satisfait de mon travail. Un vrai wakizashi dans le plus pur style tamahagane, amélioré par mes soins. Je ne sais pas s’il peut tuer du vampire, mais ce qui est sûr c’est que je dois tester la lame. Sans hésiter une seule seconde, j’empoigne hecatomb et frappe les deux lames l’une contre l’autre avec force. Aucune des deux armes ne cède, et bientôt le bruit cristallin du choc s’estompe dans l’atelier. Un sourire nait aussitôt sur mon visage. Anti-vampire ou non, elle est parfaite !
Je me retourne vers Taichi, fier, et lui tend son sabre.

« Voici mademoiselle, Maneskiven ou Tsukinoha en japonais : La lame-lune. Elle est parfaite, tranche comme un rasoir et légère comme une plume. Que dirais-tu de l’essayer, de me montrer comment tu t’en sers ? »

La lame entre les mains de la jeune femme, je me dirige vers la porte arrière de mon atelier qui mène sur une petite cour dans laquelle trône des mannequins d’entrainement en sac de jute. Apres cette démonstration de savoir faire, à son tour de me montrer de quoi elle est capable avec une vrai lame.  

"Nouvelle lame"

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