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Les Sept Dracula - Page 3



 
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 Les Sept Dracula

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Vampire Level A - Clan B. Ryan
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Joshua Backloy Ryan
Vampire Level A - Clan B. Ryan
MessageSujet: Re: Les Sept Dracula   Dim 28 Oct 2018 - 0:19
La nuit allait être agitée. Déjà, tu avais mal dormi de ton après-midi, car tu savais que tu devrais te rendre au Sénat. Pour la première fois de ton existence. Très courte existence ceci-dit, il était donc parfaitement logique que tu y passes un jour ou l'autre : surtout en ayant accepté ton rang de Level A ses deux dernières années. Mais oui, ton sommeil s'était avéré très léger. Junya te l'avait demandé avec politesse et quand bien même il ne t'avait pas forcé la main, tu avais accepté car il en était de ton devoir. Pour autant, tu les avais . Toi qui détestait tout autant que feu ton cousin les mondanités et la compagnie idiote des autres de ton soit disant rang et de leur entourage. Mais comme pour tout, tu te devais d'apprendre. Alors tu t'étais habillé pour les conséquences ou presque, tu avais laissé la veste au placard. Littéralement. La chemise noire, le pantalon et les chaussures de costard, accompagnés d'une cravate blanche, orné d'une pince avec le blason de la famille Backloy, suffirait pour l'occasion. Déjà que tu détestais les cravates...diantre, si tu savais que pendant cette soirée tu détesterais bien d'autres choses...Passons.

Tu savais à qu'elle heure rejoindre Junya et Raphael. Chose faites, rejoignant par la même occasion Lady Lawford, lui offrant un baise main pour salutation, tu t'étais faufilé en leurs compagnies dans le gouffre qu'était les murs du Sénat. Et si à l'entrée tu y avais clairement vu l'hôte de cette réunion, tu avais tout bonnement salué ce dernier d'un mouvement de tête avant de te faufiler dans un couloir adjacent. Tu avais expressément demandé à ton cousin de ne pas te présenter. Pour la simple et bonne raison que tu avais reçu un coup de fil de ton grand-père la veille et qu'il t'avait fait comprendre qu'en plus de ton jeune âge, tu ne pourrais être pris en considération pour n'avoir jamais participé à une telle réunion et que pire, malgré le soutien de Junya, tu risquais fort d'être manipulé. Alors tu avais camouflé ton aura de Level A comme à ton habitude et tu t'étais planté là, dans ce couloir, ignorant que faire réellement. Même si tu avais du caractère et une vision des choses assez vaste, ton ainé n'avait fait que renforcer ce sentiment qui te rongeait. Faible, pourtant, tu ne l'étais pas. Mais inexpérimenté clairement. Tu tenterais donc d'être simple spectateur en premier temps, histoire de tâter du terrain. Révéler ta nature par la suite serait de ton choix, mais tu te devais avant de prendre conscience de ce qui allait se tramer et surtout de qui serait présent.

Tu rejoignais donc ta place auprès de ton cousin, de Raphaël et de Sarah une fois la séance commencée. Tu avais ainsi échappé aux présentations mondaines et te laissait alors juste passer pour un membre quelconque. Et cela te convenait très bien. Ce qui te plaisait alors beaucoup moins était l'allure de ton cousin. Plus de piercings, cheveux attachés, tenue...mon dieu, il faudrait qu'il lui avoue qu'il était d'une laideur dans une telle tenue après cette séance. Le gris, le costard en lui-même, n'était pas fait pour lui. Mais cela allait devenir le cadet de ses soucis, vu que l'homme qui les avait fait convoquer ici débutait son discours. Et si la vidéo qu'il montrait te laissa sans voix, l'entendre énoncer des références comme Underworld ou Batman t'arracha un sourire moqueur que tu eus en peine de camoufler. Effectivement, imaginer un vampire aussi vieux que lui, en pyjama rose à se faire peur devant sa télévision avec du pop-corn devant Underworld, ou l'imaginer se faire des idées en rentrant dans le rôle de Batman avec sa grosse voix car "Je suis un mec trop ténébreux" eut raison de ton sérieux. La réputation qu'avait Shidara venait clairement de partir en paillette dans ton esprit et ce n'était pas tant un mal, puisque tu t'étais ainsi détendu. Bien évidemment, son histoire de vote ne te laissait pas de marbre, après tout, tu avais un lycan dans tes contacts et il était inconcevable pour toi de penser une seule seconde à les éradiquer, mais tu savais pertinemment que ton cousin soutiendrait la dernière option et que tu n'avais pas à t'en mêler. Tout du moins, pas pour l’instant.

Mais autre chose attira ton attention, en vient à te faire perdre tous les moyens que tu avais mis en oeuvre pour camoufler ton aura. L’arrivée de Lady Izbranova. Dieu qu’elle était belle. Ton cousin avait sûrement compris ce qui t’avais fait perdre tes moyens puisqu’il avait tourné ton regard vers toi et tu avais vite compris que tu ne devais pas te fier aux apparences. Mais tout de même...

Lorsqu'elle prit justement la parole, tu ne cessas de la fixer. C'était mal poli, tu le savais, mais c'était plus fort que toi. Tu te repris malgré tout lorsque tu remarquas ton voisin, Raphaël, à les poings serrés à en faire blanchir ses phalanges. Et dès lors, ton attention est détourné de tout : de votre voisinage, des paroles dites, tu poses juste ta main sur celle de ton homologue blond. Un sourire, juste doux et tu lèves au final tes iris d'un bleu profond vers ce fameux Alessio, puis vers cette fameuse Level D dont tu ignores le nom. Ce que tu retiens néanmoins est bien son courage d'être ici et si les chuchotement de chacun à ses paroles t'agace, tu sais que tu ne pourras rien y faire. Mais tel un chevalier servant, un individu ; si tu as bien suivi les paroles de cette Rosalie ; intervient de façon...peu commune.

Si jamais on lui avait dit qu'un jour il aurait affaire à un tel type. Et on osait dire de Junya qu'il était excentrique ?

Cette démarche, ses vêtements, son allure et cette odeur...tu en restas comme deux ronds de flans. A la fois partagé par l'envie de rire, de sourire, d'être outré...tu en restas alors plutôt neutre. Mais qui était ce type ? Au vu de ce qu'il dégageait et du "cadeau" qu'il apportait, tu te doutais. Mais sa présentation permit de conclure à tes pensées. Un vrai Cow-boy. Et si tu ne lui reprochais rien dans l'instant, si n'est d'avoir un lycan en cage, tu poussais un soupir à l'odeur que laissait trainer son cigare dans la pièce, bien que grande. N'aurait-il pas pu fumer autre chose ? Passons, si Mister cigare était tape à l'oeil, il était aussi mister grande gueule. Mais cela donnait un peu de piment à la situation. Encore plus en le voyant pointer du doigt notre Batman du Sénat. Et si ses paroles permirent aussi à te remettre les idées en place concernant la lady à l'aura charmeuse, il n'en restait que tu avais du mal à saisir sa réelle demande...Alors lorsqu'il quitta les lieux comme il était venu, ton dos retrouva sa place calé contre ton siège.

Tu avais clairement l'impression d'assister à un regroupement de singe venu se pavaner sur un sujet qui dépassait au moins 90% de l'assemblée. Si ce n'est plus. Tu en venais à te demander si tu faisais vraiment partie intégrante de ce monde. Mais lorsque ton cousin reprit la parole parmi tout le brouhaha de la foule, tu recentras ton esprit sur cette fameuse situation qui vous avait tous fait venir ici. Bien sur, tu avais vu ce qu'il s'était fait passer entre lui et Raph', mais tu n'irais pas faire ton curieux. Pour autant, lorsqu'il prit la parole devant la foule, tu acquiesças tout bonnement l'air songeur. Y avait-il seulement une solution aux problèmes actuels ? Si tu savais les convictions de ton ainé juste, tu savais que le monde n'était fait que de mauvaise personne et qu'avec toute la bonne volonté qui soit, personne n'était à l'abri d'un dérapage. Et encore moins lorsque l'on parlait science, laboratoire...car plus que la santé, c'était l'argent qui était en jeu.

« Junya, je... »

Un murmure alors que tu t'adressais à lui, mais un murmure envolé dans le flot de parole du Shidara. Des paroles que tu te mis à écouter et que tu te mis à détester. Pour qui se prenait-il ? Bien sur qu'il pouvait exposer tout ce dont il souhaitait, lui qui avait l'air si calé sur le sujet alors qu'il ne démentait même pas les accusations qu'on lui portait. Il s'enfonçait, inlassablement. Et s'il se permettait de traiter la foule, tu y voyais surtout une attaque personnelle envers ton chef. D'ignare, le plus âgé te laissait en réalité une simple vision de pitié. Car jusqu'où un type tel que lui pourrait aller pour se mettre sur un piédestal ? Les années ne lui avait pas fait de cadeau, c'était ce que tu pensais. La vieillesse n'aidait pas les vampires.

Te devais-tu alors d'intervenir ? Si au début de ses paroles tu en avais eu l'intention, avec un peu de recul, tu te disais que cela n'en valait peut-être pas la peine. Mais tu étais jeune et ça te démangeait...Alors, les bras croisés contre ton torse, le regard cherchant celui qui cherchait à capter la foule, tu laissas juste tes envies s'échapper.

« Et bien donnez nous effectivement vos clefs. Si nos esprits enfantins ont bien compris, nous allons avoir besoin de votre savoir. Si l'assemblée ici présente vote pour une aide commune afin de sauver des vies, je suis persuadé que vous n'aurez rien contre transmettre vos études et toutes vos recherches. Et ce uniquement dans le but d'aider et de ralier une cause noble. N'est-il pas ? » Ton regard retomba sur le reste de la foule. « Enfin si quelqu'un à autre chose à dire sur l'acerbité des paroles de Lord Shidara, qu'il s'exprime en toute quiétude, je ne suis pas là pour juger. »

Zut, tu avais dérapé.
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Vampire Level A - Chef du clan Izbranov
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Yesfir V. N. Izbranova
Vampire Level A - Chef du clan Izbranov
MessageSujet: Re: Les Sept Dracula   Mar 30 Oct 2018 - 9:58
Pour une singulière fois de mon existence -relativement courte, cela dit-, je devais avouer que c’étaient les déblatérations incessantes des membres de l’assemblée qui me gênaient lors des séances du sénat. Personne n’allait jamais réellement droit au but, il était difficile de passer un accord simplement parce que la majorité des sénateurs ici présents ne pensent qu’à leur pomme. Évidemment, je m’inclue dans ce lot; je ne pense qu’à ma propre personne, c’est un fait. J’ose parfois aborder certaines questions avec de bonnes intentions, mais rares sont ces occasions. J’esquisse un léger sourire, froid mais courtois, en faisant mine d’écouter ce que les autres avaient à dire; j’avais lancé la danse, pourtant je n’avais pas l’intention de m’y perdre. Après tout, c’était pour cette raison que j’avais ignoré jusqu’ici toutes les invitations aux séances du sénat; les longues discussions prenant place dans l’hémicycle ne m’étaient guère intéressantes, surtout de par le fait qu’elles tournaient souvent autour de sujets dont je n’avais rien à cirer, concrètement. Aujourd’hui était la seule exception, puisque la question abordée cette fois-ci concernait mes créations.

Créations que je n’assume d’ailleurs toujours pas publiquement, cela dit. Jamais je ne ternirais ma réputation -quoique déjà souillée par de simples soupçons- en affirmant que j’étais derrière cette magouille.

Plusieurs prirent la parole, tour à tour, chacun se prononçant sur le sort que nous devrions réserver aux lycanthropes. J’avais donné mon opinion et, pour le coup, il semblait que les autres soient tous plus ou moins en accord avec ce que j’avais dit. Du moins, c’est ce dont je retenais des bribes de paroles qui parvenaient à se rendre jusqu’à ma conscience, puisque l’ennui intenable dont j’étais victime me faisait rêvasser et penser à d’autres choses bien plus intéressantes. L’on me dira que je suis une princesse, qu’être née et avoir grandi au sein de la cour du prince de Riazan devrait m’avoir préparée à des situations pareilles, où il ne faut jamais laisser voir que les conversations ennuyantes dont je me dois de faire partie me donnent envie de dormir. Et à cela, moi de répondre qu’au bout de quelques siècles à endurer maintes conversations sur divers sujets mondains, même la princesse la plus fidèle aux enseignements de la cour ne peut qu’avouer avoir besoin d’assister à des évènements bien plus excitants.

Puis vint le tour de Rosalie Archet, cette vampire de level D que j’ai croisée quelques fois, très rapidement. J’esquisse à nouveau un léger sourire, amusé cette fois.

En réalité, cette fille, je n’ai rien contre elle. S’il y avait bien quelqu’un envers qui j’avais une dent à piquer, c’était bien celui que la demoiselle représentait. Bradley. Evidemment, je n’étais pas surprise du fait qu’il ne se soit pas présenté à la séance. J’étais presque persuadée que le chef américain n’accepterait jamais de mettre les pieds dans la même pièce que moi. Après tout, la guerre avait été violente entre nos deux clans, et pas seulement parce que monsieur s’entêtait à croire que je faisais partie de ceux à l’origine des lycans. Je devais avouer que je prenais un malin plaisir à lui lancer des piques de temps en temps, mais je ne l’avais jamais vu en personne. Je reconnaîtrais sa voix entre mille, cependant, puisque j’ai pu lui parler maintes fois via téléphone.

Un léger sourire se forma sur mes lèvres, qui disparut ensuite en même temps qu’une odeur de loup trempé n’atteigne mes narines et me fasse plisser le nez. Quelle odeur désagréable… Cependant, je ne pus m’attarder bien plus longtemps sur mes réflexions; un grand bruit, comme le fracas de lourdes portes retentit dans l’hémicycle, alors que la source de cette odeur nauséabonde descendait les marches menant au centre de la salle de la façon la plus non-chalante qui soit. Je devinai l’identité de l’intrus simplement à vue de son accoutrement, ma foi, extrêmement mal entretenu, maculé de sang et déchiré. Sa voix et ses dires ne firent que confirmer mes soupçons.

Malgré ce parfum atrocement désagréable que dégageait l’américain, je n’avais pu m’empêcher de grimacer légèrement. Cet homme était la source d’une énorme partie de mes problèmes et rien au monde ne pourrait me convaincre d’écouter une quelconque parole sortant de sa bouche, aussi sage ou pleine de bon sens soit-elle. Depuis la défaite des miens aux mains sales de son clan lors de la Guerre Froide -défaite que j’ai toujours en travers de la gorge-, j’avais une sorte d’envie de me venger de cette humiliation. Pour l’instant je me contentais de petits coups bas ici et là, de temps en temps. Mais éventuellement, j’allais m’y mettre sérieusement. Pas question que Bradley ne pense en avoir fini avec ça.

Honnêtement, je n’en avais rien à cirer de ce qu’il racontait, l’américain. Certes, il lançait de sérieuses accusations envers Metuselah et ma personne, mais ce n’était guère le temps de m’y attarder. Ses paroles ne m’intéressaient pas et je crois que c’était chose visible, par le simple fait que mon expression ennuyée finit par transparaître légèrement sur mon visage. Même la vue du lycanthrope se débattant furieusement dans sa cage, oscillant d’une forme à l’autre en grognant férocement, ne me tira pas de cet ennui intenable. En réalité, c’était chose fort fascinante que de voir un membre de l’espèce que j’avais aidé à créer dans une condition pareille, mais je n’allais pas laisser la satisfaction à Bradley de me voir sembler intéressée par un truc qu’il a ramené. A mes yeux, il était un con comme un autre, un simple jouet duquel je finirais par me débarrasser tôt ou tard. Suffisait simplement d’attendre le bon moment pour prendre ma revanche.

Cela dit, lorsqu’il me pointa du doigt, m’accusant de conneries et autres trucs desquels je n’étais guère intéressée, je ne pus m’empêcher de sourire d’un air amusé. Tout ceci me semblait pratiquement surréel, en fait. Voir le Dwight Hodgkin entrer dans une de ces colères, ces expressions de surprise sur certains visages, le doute se semer dans l’esprit d’autres membres de l’assemblée… Tout cela m’amusait fortement. Peut-être que l’expression que j’affichais depuis quelques minutes déjà était révélatrice de mon état d’esprit actuel, cependant, je n’oserais pas dire ce que je pense de cette situation à voix haute. Simplement parce que je n’ai pas envie de justifier mon amusement. Même après le départ de Bradley, mon sourire demeura.

Lorsque le vieux Shidara reprit la parole, mon esprit se remit à vagabonder. J’étais déjà plus ou moins au courant de ce qu’il racontait, certains des scientifiques que je n’avais pas fait exécuter, sous prétexte qu’ils étaient les seuls scientifiques de mon clan à ne pas avoir été impliqués dans l’affaire des lycanthropes, m’avaient déjà transmis toutes ces informations. C’est pourquoi je me permis, cette fois-ci, de garder le silence lorsque le doyen cessa de débiter son charabia scientifique au reste de l’assemblée.

Après tout, je ne pouvais pas vraiment dire quoi que ce soit à ce sujet, au risque de confirmer ce que les autres soupçonnaient depuis un temps déjà.

Je n’allais pas leur laisser la satisfaction de savoir qu’ils avaient raison.
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Vampire Level B - Clan B. Ryan
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Raphaël de La Roche
Vampire Level B - Clan B. Ryan
MessageSujet: Re: Les Sept Dracula   Jeu 1 Nov 2018 - 0:32
Je sentis la main de Joshua, assis à ma droite, sur la mienne, ce qui m'apaisa légèrement. Il avait dû sentir la terrible colère qui sommeillait sous la surface de mon visage crispé. Je lui adressai un sourire reconnaissant. Puis le chef du clan di Altiero prit la parole. Je sentais l'agacement poindre dans le fond de sa gorge, sentiment partagé. J'acquiesçai en silence, me reconnaissant dans son discours.  Chacun de ses mots lui attira un peu plus ma sympathie et mon respect. Il termina son intervention par son vote en faveur des lycans. Avis que nous partagions, encore une fois, même si je ne m'étais pas exprimé par manque de recul. Un coup d'oeil un peu derrière lui me permit de constater le mutisme de Jess. Je la sentis mitigée, plus que moi. Je devinais aisément la nature des pensées qui devaient l’habiter en cet instant. Je baissai les yeux sur mes mains, aux jointures blanchies à force de serrer les poings. Je me forçai donc à me détendre et fermai les yeux tout en inspirant profondément. Puis, quand je les rouvris, je surpris Sarah du coin de l’oeil à griffonner une note sur un carnet vieilli par le temps. Elle me semblait bien studieuse… en même temps, il s’agissait de sa première séance en tant que représentante des Lawford. Elle avait beaucoup à apprendre, comme elle pouvait le constater désormais.

Ce fut au tour de Rosalie Archet de s’exprimer. Je sus à l’instant même où elle ouvrit la bouche que j’apprécierais chacun de ses mots. Et elle avait cette étincelle de son regard ; rebelle, pleine de défi, comme une braise qui enflammait un tas de cendre. Elle avait raison, malheureusement ; mes amis et moi étions les rares sénateurs à porter un réel intérêt au bien commun, que ce fut celui des vampires, ou celui des autres races que nous cotoyions. Les miens étaient simplement incapables de dépasser leurs conflits superficiels et faisaient échouer chaque négociation importante pour une question d’égo. J’en étais las, avec le temps. Surtout en ce moment. J’opinai en son sens ; nous devions agir pour protéger le peuple vampiriques, les level C qui composaient la grande majorité de notre population et se retrouveraient sans défense face à un infecté, car dépourvu de pouvoirs, contrairement à la plupart des présents ce soir. N’étions-nous pas là pour ça, agir ?!

Elle évoqua les chevaliers de l’Ombre, et je ne pouvais qu’approuver. Junya avait pris contact avec leur chef, Aaren Hermansson, un homme droit et porteur de valeurs sûres. Je ne doutais pas qu’une collaboration avec ses hunters seraient hautement profitable, pour tous. Encore fallait-il convaincre cette assemblée de sénateurs enorgueilli et décrépi par le temps… L’un de ses opposants, du clan Von Reizel, se leva, rejetant sur elle l’absence de son chef. Comment pouvait-il lui faire cette remarque, alors même que son propre chef n’avait pas daigné se déplacer ? Quelle ironie.

Soudain, une odeur violente de sang et de musc agressa mes narines, m’obligeant à les protéger dans une main, alors que Rosalie lançait une déclaration surprenante. Une fraction de seconde plus tard, les portes s’ouvrirent brutalement, claquant contre les murs. Et les fragrances désagréables redoublèrent d’intensité. En d’autres circonstances, je n’aurais pas été si sensible ; cependant, j’avais vécu quelques jours auparavant la mort de ma fiancée, baignant dans son sang, mélangé aux phéromones d’un… lycan. Exactement comme aujourd’hui. Soudain pâle comme une statue d’albâtre, je fis l’effort de me retourner pour identifier la cause de cette interruption.

Je n’eus même pas besoin de me questionner sur l’identité de l’étranger. Tout, dans sa dégaine, jusqu’à son parfait timing synchronisé avec la level D indiquait qu’il s’agissait de Bradley Dwight Hodgkin. C’était la première fois que je le voyais en chaire et en os ; j’aurais certainement bien mieux apprécié cette rencontre si je n’avais pas été si indisposé. Je notai le regard qu’il glissa sur ma meilleure amie, ce qui, en digne chevalier protecteur, m’agaça fortement. D’où se permettait-il de poser sur elle un regard si enflammé ? Je ne dis rien, mais ce n’était pas l’envie de le frapper qui me manquait. L’odeur de son cigare, très american, n’arrangea pas l’état de mon estomac, qui se contractait dangereusement. En revanche, je ne pus retenir un sourire en le voyant l’écraser sur le pupitre de Shidara, en total indifférence du manque de respect qu’il pouvait générer. c’était une belle métaphore de toute la considération qu’il portait au japonais.

Il s’exprima d’une voix forte, très en colère, le ton accusateur. Pour qu’il se déplaçât en personne, l’heure devait être grave. Bien plus que nous ne l’imaginions. Son regard se porta sur l’entrée, en haut des marches. Machinalement, je l’imitai. Et quelques secondes avant de le voir, je le sentis, bien plus distinctement. Cette fois, je retins un haut le cœur. Je ne pouvais même pas inspirer, de peur d’empirer mes nausées. Mes yeux médusés contemplèrent la bête sauvage qui se débattait furieusement, oscillant éternellement entre sa forme humaine et celle d’un lycanthrope. Il grognait, hurlait, cognait contre les barreaux de sa prison, qui tenait pourtant. Pétrifié, je ne pus qu’observer sa lente descente. Puis je notai les barres de fer qui le maintenait ligoté. Et mon malaise s’accentua. Je sentis mes mains trembler sur mes cuisses. L’espace d’un instant, je fus saisi par l’envie, non, le besoin furieux de m’éclipser. Cependant, la présence de Joshua et de Sarah près de moi me donna la force de résister et de supporter ce calvaire. Car il s’agissait d’un représentant du meurtrier de ma fiancée. Même si je ne doutais pas que le coupable n’était pas maître de lui-même, je n’en étais pas moins souffrant.

Je ne savais pas ce qui me tétanisait le plus ; le spectacle de ce lycan hors de contrôle, ou la fureur noire du Dwight Hodgkin qui couvait sous son regard sombre. Il faisait indéniablement partie des gens qu’il ne fallait pas se mettre à dos. Fort heureusement, dans cette histoire, nous partagions certainement plus que tous les sénateurs ennemis réunis. je fronçai les sourcils en entendant la révélation choc ; cet individu, capturé aux Etats-Unis ? La situation était bien plus dramatique… Il n’y avait plus qu’à espérer qu’il n’avait mordu aucun des siens, ni aucun humain susceptible de se transformer et de répandre ce qui semblait être une épidémie. La voix de Bradley tonna comme le tonnerre de l’orage, déversant sa rage contre le responsable, ou plutôt les responsables de tout ce capharnaüm. Mais ses mots résonnèrent en moi ; il m’apporta, l’espace d’un instant, une combativité qui m’avait longtemps fait défaut. Sa rage me gagnait, contagieuse. Personne n’aurait pu toucher plus juste le centre du problème, de nos problèmes. Et son langage fleuri, bien que très loin de mes principes de bienséance, apportaient du poids à son discours et un peu de fraîcheur à cette assemblée cintrée dans le respect des traditions et surtout des conflits claniques.

Lorsqu’il eut terminé de déverser sa colère, d’un signe, il sonna la fin du spectacle. Ses hommes remontèrent la cage et s’évanouirent aussi vite qu’ils étaient arrivés; très rapidement suivi par leur chef qui fit preuve d’une vitesse si grande que je n’eus pas le loisir de distinguer le moindre de ses mouvements. Un silence pesant s’installa, tandis que les membres de l’assemblée, hébétés, tentaient d’enregistrer ce qui venait de se produire. Puis ce fut la cohue ; certains se levèrent pour s’invectiver, d’autres hurlèrent au sacrilège, certains même fixèrent la sortie avec une intensité coupable, désireux de quitter ce lieu. Moi, je restai immobile sur mon siège, silencieux, tentant de me remettre de mes émotions. L’odeur agressive commençait à se dissiper, mais je gardais cet arrière-goût acide dans la bouche. Je sortis un mouchoir de ma poche, que j’imbibai d’une solution assainissante, puis inspirai profondément à travers le tissu pour me clarifier les poumons. ça me permit au moins de retrouver des idées claires et quelques couleurs. Junya choisit ce moment pour se tourner vers moi. J’acquiescai à ses paroles.

- Bien sûr. Tu m’excuseras si je ne t’accompagne pas, quoi que tu aie à faire, mais j’aurai besoin de… d’un peu de calme après tout ça…

J’adressai un regard à Joshua. Devait-il rester aux côtés de son cousin, ou préférerait-il m’accompagner jusqu’au domaine Ryan ? Pour une première séance, il en avait eu plein les yeux. Puis mes yeux cherchèrent ceux de Jess dans la foule agitée ; j’avais besoin d’un contact visuel, ne serait-ce que pour me réconforter. A part Joshua et Junya, elle seule ici présente pouvait imaginer à quel point cet événement m’avait perturbé. Mon chef prit ensuite la parole pour rétablir un semblant d’ordre et de cohésion dans l’assemblée. Il fit part de nos connaissances sur les origines du mal qui rongeaient les lycans, et proposa de travailler en partenariat avec les Chevaliers. Bien sûr, nombre de sénateurs dans la salle chuchotèrent entre eux, médisants, méprisants, voire même outré pour certains. A dire vrai, j’aurais été déçu du contraire.

Mon regard capta un mouvement dans le clan italien. Leur chef venait de recevoir l’invitation, si je puis dire, de Junya. Plus cette séance s’éternisait, et moins je doutais de nos capacités d’entente entre Ryan et di Altiero. Ce qui, compte tenu de mon passif, serait quelque peu un soulagement. Quand bien même l’ombre de Sophie planait encore au dessus de moi. Le gloussement de coq de Shidara m’extirpa de mes rêveries et je reportai mon attention sur lui, les sourcils froncés. Probablement désenchanté de s’être fait volé la vedette, il voulut reprendre les rennes de l’assemblée en exposant ses travaux sur les cellules des lycans. Une nouvelle vague de colère me prit ; voilà donc toute sa considération pour ces êtres vivants ; une simple cellule de sa création.

Cependant, je devais reconnaître que ses informations pouvaient être utile, pour démêler cette affaire. Des composants uniques. Je n’avais peut-être pas de diplôme en biologie, j’avais suffisamment vécu pour en comprendre toutes les subtilités. Et je sus où il voulait en venir avant même qu’il n’en fit l’hypothèse. Une maladie conçue pour cibler ces composants, et uniquement eux, autrement dit, pour cibler uniquement les lycans. Le comment et la cause semblaient donc résolus. Mais un mystère de taille demeurait : pourquoi ? Quel était l’objectif des concepteurs de cette maladie ? C’était ce qui me préoccupait le plus.

Son presque lapsus raviva la tempête qui sommeillait dans mon coeur. Personne n’avait sans doute prêté attention à sa langue qui fourchait, mais moi si. Mon regard s’assombrit. Cet homme n’avait donc aucune limite, aucune conscience. Et le sourire qu’il arbora à la fin de son discours, froid, mauvais, calculateur, amplifia ce ressentiment. Etait-il en train de se faire passer pour une victime pour couronner le tout ?

L’attitude d’Izbranova m’exaspérait tout autant. Son sourire amusé, son air supérieur et indifférent, comme si elle était au dessus de tout ça -ce qu’elle croyait certainement, tout compte fait. Elle faisait comme si elle n’était pas responsable de tout ce bazar. Je lui jetai un regard courroucé, et l’instant d’après, j’abandonnai toutes mes charges contre elle. Ce n’était qu’une jeune en plein apprentissage, pouvait-on lui en vouloir ? … Qu’étais-je en train de penser au juste ? Cette contradiction me perturbait.

Il y eut du mouvement près de moi. Joshua s’était levé trop vite pour que je pus le dissuader de prendre la parole. Et, de toute façon, aurais-je dû le faire ? Il avait le droit de s’exprimer, d’autant plus en tant qu’héritier de Junya. Simplement, c’était sa première séance au Sénat, et je savais qu’il n’était pas prêt. Pas prêt à jouer subtilement sur la corde sensible de la diplomatie, des sous-entendus et de la bienséance. Je me passai une main sur le visage en l’entendant parler. Bonté divine. Je ne pouvais décemment pas le laisser naviguer en eaux troubles sans réagir. Je posai une main sur l’épaule de mon jeune confrère avant de me lever pour prendre la parole à mon tour.

- Il y a un détail, Seigneur Shidara, qui m’intrigue.

J’adressai un regard discret à Junya avant d’esquisser un signe de tête presque imperceptible. Histoire de le rassurer sur le petit dérapage de son cousin ; je ne laisserai pas les vautours de l’assemblée en profiter. Raison pour laquelle je relançais le sujet en rebondissant sur les révélations de Shidara.

- Je suppose que pour comprendre les effets de ce virus sur les lycans, il vous a fallu le voir à l’action, l’étudier. Mais vous affirmez n’avoir jamais eu d’infecté à portée de main. Alors, comment en êtes-vous venu à ces conclusions ? Avez-vous récupéré des échantillons, dans quelles circonstances ? Ou encore peut-être avez-vous récupéré ces informations ailleurs, par le biais d’autres experts qui en savaient, eux, plus que vous...

Je laissai ma phrase en suspens, pour susciter l’interrogation de mes paires. Les yeux plissés, je le fixai de ma position, immobile. Je me trompais peut-être. Mais ça valait le coup de soulever la question. Sous-entendre qu’il avait pu s’adresser aux fameux responsables devrait quelque peu le refroidir. Je n’essayais pas de le provoquer, simplement de remettre les choses à leur place. Personne ici ne devait perdre de vue le genre de personnage qu’il était ; manipulateur,

- J’imagine que vos conclusions datent à peine d’hier. Vous n’auriez jamais caché ces éléments à la population vampirique en sachant que ça ne jouerait pas en notre faveur, et notamment la vôtre.

Mes propos, plein de sous-entendus, générèrent une vague de murmure dans l’assemblée. Beaucoup de sénateurs ici présents vouaient une certaine antipathie vers l’homme qui les avaient convoqués ce soir-même. Il leur en fallait peu pour le juger coupable de leurs problèmes. Toutefois, si la tentation de le traîner dans un tribunal était grande, je ne souhaitais pas attiser davantage les conflits qui nous agitaient depuis déjà trop longtemps. L’heure était trop grave pour se monter les uns contre les autres alors qu’il fallait prendre une décision. Même si, finalement, j’avais assez peu d’espoir quant à l’issue de cette séance. Les choses avanceraient bien plus vite lors du petit comité qui s’organisait entre les trois clans présents les plus sensés.

- Revenons à ce qui nous préoccupe vraiment. Vous sous-entendez que ce virus pourrait être adapté à notre constitution. Devons-nous comprendre que c’était là l’intention initiale des responsables ? Que les lycans n’étaient que des… essais ? Essais de votre conception, soit dit en passant. C’est effectivement une possibilité, une hypothèse qu’il convient de ne pas écarter. Cependant, il n’en faut pas moins considérer avant tout le mal qui ronge les lycans. Ce sont eux, les premières victimes, et il serait injuste et égoïste de les faire passer au second plan parce que notre existence pourrait, et pourrait seulement, être mise en danger -autrement que par les attaques incessantes des infectés, bien sûr. Il nous faut résoudre un problème après l’autre. En l’occurrence, celui qui n’en est plus au stade d’hypothèse et qui menace bien plus que la sécurité de nos propres personnes. La seule décision sensée qui nous incombe, ce soir, c’est de trouver l’origine de ce virus, et le moyen de le contrer.

Il était essentiel de recentrer le débat sur le problème des lycans. Car j’avais l’impression, peut-être erronée, que Metuselah tentait de faire diversion. De nous faire oublier son implication sur la problématique lycans en nous donnant un autre morceau de viande sur lequel nous acharner. Une stratégie vieille comme le monde…

- Mais ce n’est que mon humble avis. Libre à vous tous, ici présents, d’en tenir compte ou de l’ignorer. N’oubliez cependant pas que votre position, ce soir, pourrait bien changer la face du monde, pour le meilleur comme pour le pire.

Sur ces mots, je me réinstallai dans mon siège, l’esprit tourné vers ma douce Emeraude. Je ne pourrais peut-être jamais traîner le responsable de sa mort devant la justice. C’était une sinistre possibilité que je me devais d’envisager. En revanche, je pouvais faire en sorte que personne d’autre comme elle ne subirait le même sort funeste. C’était le mieux que je pusse faire pour honorer sa mémoire.


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Alessio Di Altiero
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MessageSujet: Re: Les Sept Dracula   Mar 6 Nov 2018 - 18:04


Les Sept Dacula

Feat Metuselah Shidara, Joshua Backloy Ryan, Raphaël de la Roche, Yesfir V. N. Izbranova, Jess Duchannes, Sarah F. Lawford, Rosalie Archet, Bradley Dwight Hodgkin, Sergio Galardi et Junya Ryan

J’observe un peu les réactions des autres sénateurs suite à mon discours. Au final je trouve que j’ai été trop gentil, même si j’ai mis le doigt sur certains points cruciaux. Mon regard s’attarde du côté des Backloy Ryan.

Le premier a attiré mon regard est mon voisin, Raphaël de La Roche. Un auteur de roman à succès, très appréciable qui vient de vivre un véritable drame. Je compatis à sa douleur et je la comprends même. C’est bien quelque chose que je ne souhaiterai même pas à mon pire ennemi. Je vois bien que le discours de Shidara l’a laissé mal. Ses yeux pourpres en disent très long sur ce qu’il pense. Il tourne son regard vers notre coin de l’hémicycle, regardant clairement derrière moi. C’est probablement le regard de Jess qu’il recherche. Ils ont l’air d’être très proche de ce que j’ai pu apercevoir avant le début de cette séance. Suite à quoi, il détourne son regard carmin avant de les fermer quelques instants. Je suppose qu’il cherche à retrouver son calme, ce que je ne peux qu’approuver. Même si, pour ma part, le mien est toujours en vadrouille.
Je fais enfin attention, au jeune homme qui se trouve à ses côtés. J’ai l’impression diffuse qu’il n’est pas ce qu’il montre être. Pourtant je ne me l’explique pas, il n’a pas fait partis des présentations au début, comme absent. Cependant il est bien là, plus ou moins attentif à ce qui se passe ou se dit. Peut-être cernerais-je mieux ce jeune homme plus tard dans la séance ...
Ensuite c’est sur la jeune lady Lawford que je pose mon attention. Elle semble absorbée par un carnet. Première séance évidemment, point qu’elle partage donc avec Jess. Sa concentration dénote une grande rigueur et un désir de ne rien laisser échapper des débats en cours. Je pense que mes paroles ne l’ont pas étonné plus que cela, après tout nous avons commencer à mener une enquête ensemble. Elle sait donc ce que je pense globalement de la situation.

Avant de pouvoir m’intéresser à mon homologue, Junya Ryan, mon attention est captée par la délicate Rosalie Archet. Je ne peux m’empêcher de sourire en la voyant se dresser, fièrement et sans peur apparente, face à cette assemblée, composée essentiellement de flagorneurs. Je comprends parfaitement pourquoi Dwight Hodgkin l’apprécie autant et la juge digne de confiance. Elle le mérite bien plus que certains sang-pur de ma connaissance. Je lui adresse un signe de tête en remerciement. Il est bien souvent arrivé que nous soyons d’accord sur nombre de sujet, elle et moi, et par extension son chef. Chef qu’elle représente avec brio, soit dit en passant.
Bien qu’il ne soit jamais présent, sa représentante donne le change sans peine. Pourtant elle pourrait avoir du mal, vu le nombre croissant de regards mauvais, de quolibet et de sifflet, plus ou moins discret, qui encombrent maintenant l’hémicycle. Quel manque flagrant de respect. Le pire est qu’ils viennent majoritaire de son dos, donc de son propre clan ... c’est purement décevant de la part de vampires qui se disent respectables et supérieurs. Bande d’hypocrites de bas étages. Rosalie Archet possède une force de caractère impressionnante, elle se sait légitime à son siège et continue son discours, s’adressant non pas à l’assemblée entière mais spécifiquement à Shidara.

« - Sans vouloir vous offenser, votre proposition d’en profiter pour se débarrasser des lycans est absurde. À moins que vous ayez oublié de nous faire part d’une étude provenant de vos laboratoires, le mal n’affecte pas l’immunité des lycans à nos attaques et nous n’avons pas encore constaté, que je ne sache, aucun décès dans les rangs des infectés. DE plus, quand bien même ce serait le cas, qui sommes-nous pour décider du droit de vie ou de mort d’une espère entière, quand bien même certains d’entre nous ont participé à leur création ? N’est-ce pas même la responsabilité des créateurs que de prendre soin de leur œuvre ? »

Mon sourire s’élargit un peu plus, trahissant mon amusement pour le coup, en ce qui concerne de remettre l’aîné de l’assemblée à sa juste place. Je sens les efforts de ma collègue, sénatrice, pour dissimuler son ressentis. Clairement mon homologue ne lui inspire pas grand-chose de positif, c’est le moins que l’on puisse dire. Comme pour en ajouter une couche, elle se permet de souligner, avec force, que les level C natif sont déjà en alerte et que bien sur il ne faut pas écarter la possibilité d’une multiplication rapide des lycans infectés. Nous ignorons quelle fréquence de rencontre il peut y avoir entre les non-infectés et les infectés. De plus nous n’avons aucune certitude qu’il ne peut pas y avoir contagions durant la période d’incubation. Et par voie de conséquence, beaucoup plus d’infectés que nous ne le supposons pour le moment.
Les sénateurs présents ont de moins en moins de respects. Là où mon agacement s’était tapis dans l’ombre, grâce aux paroles pleines de sens de Rosalie, le voilà qui refait surface. Un gloussement ... non content d’émettre des quolibets et des sifflements au début de son intervention, voilà maintenant qu’un crétin ultime se permet de glousser. La situation lui semble amusante ? En quoi une menace, qui peut sonner notre glas, représente un divertissement digne de ce nom ?  À moins que l’impudent ne se moque que de la sénatrice qui a la parole. Ce qui est d’autant plus puéril.

D’instinct, et par acquis de conscience, je me tourne rapidement pour jeter un œil aux sénateurs de mon clan. Je constate avec plaisir qu’aucun ne se permet ce genre d’écart. Jess semble un peu perdu, il est sûr que pour une première séance ... c’est du sport. Je la sens très mitigée en plus. Me retournant pour observer à nouveau Rosalie, je m’interroge sur cet état de fait. Jess a vécu l’incident d’Halloween, elle a été confrontée à un lycan infecté. Je doute qu’elle préfère leur extermination, mais de là à être pour leur survis ... peut-être y a-t-il une marche pour le moment complexe à franchir.
Rosalie parle de nous unir et d’aider les Chevaliers de l’Ombre dans leur enquête. Certes ils sont peut-être plus dignes de confiance que l’Ordre de Reinfield et encore je reste mitigé sur ce point. A leur décharge, il semble qu’ils soient de bonne foi, et leur chef donne l’impression de vouloir œuvrer pour le bien commun. Cependant ce qui m’intrigue plus que tout c’est qu’elle mentionne une alliance entre ces nouveaux hunters et certains d’entre nous. Pour ça il faut un clan progressiste, ce qui élimine directement Von Reizel, Yzbranova & Shidara. Reste donc Manenheim, Backloy Ryan et Dwight Hodgkin. Mes camarades nordiques sont peu présents aujourd’hui et je doute sincèrement que leur chef ait eu le temps de s’en occuper. Les deux autres clans auraient pu ... je penche pourtant pour les Backloy Ryan, ça serait bien dans la continuité.

Un sénateur du côté des Von Reizel se lève et invective la forte Rosalie. Je soupire face à cet acte aussi inutile que stupide. Oui le chef de son clan n’est pas là, mais elle le représente, ce qui est largement suffisant. Je me dis que je ne veux vraiment plus avoir à traiter avec eux ... Et que ma fiancée mérite de pouvoir quitter leur influence et vivre sa vie enfin, sans crainte d’être jugée. C’est un regard assez méprisant de ma part que je lance à cet énergumène.

« - Mon maître ? Qui vous a dit qu’il ne viendrait pas ? »

J’entends des bruits provenant du hall, et j’associe immédiatement cette phrase, très surprenante au raffut extérieur. Vraiment le fameux Bradley Dwight Hodgkin va se déplacer de son Amérique chérie ? Je vais enfin pouvoir mettre un visage sur le nom de mon partenaire commercial ? C’est presque trop beau pour être vrai. Et pourtant ...
Ce fût d’abord l’odeur de cigare qui titilla mes narines, puis ce fût le bruit des portes de l’hémicycle butant contre les murs qui attirèrent mon attention vers l’entrée. Là je découvre un ... un cow-boy, aucun autre qualificatif ne me vient à l’esprit en fait. Ses bottes claquent sur chaque marche et les éperons, ajouté à ces dernières, tintent à chaque pas. Cette entrée, très théâtrale, ne laisse personne indifférent dans le Sénat. Des murmures s’élèvent d’un peu partout, et une interrogation domine les autres : qui est cet homme ? Pourtant cela me semble couler de source, vu que la belle Rosalie vient de laisser le doute sur la présence du chef de son clan.
Sans étonnement, un seul regard dur de sa part fait non seulement taire le membre des Von Reizel, ayant invectivé Rosalie, mais le force à s’assoir aussi. Son allure rude déjà bien prononcé par son visage fermé et ses cheveux mi-long, est encore renforcé par ses vêtements. Il faut dire que sa tenue contraste très fortement avec celles des autres sénateurs. Un jean délavé, sur lequel se trouve des renforts en cuir usé par le temps, un chapeau en provenance direct d’un ranch sans oublier son long manteau. Ce dernier, bien que clairement authentique et vieux, est maculé de tâches de sang. Un sang dont je ne reconnais pas l’odeur. Arrivant à ma hauteur, il m’adresse un signe de salutation en portant sa main à son chapeau. J’incline à mon tour légèrement la tête en sa direction, percevant son regard appréciateur derrière moi, je doute qu’il soit pour Sergio, mais pour Jess très certainement.
J’ignore encore pourquoi, mais je sens que je vais bien m’amuser.

« - Mesdemoiselles ... messieurs ... Bradley Dwight Hodgkin ... pour vous servir. »

Belle entrée en matière. Maintenant personne n’ignore plus qui il est. J’ai l’impression d’être au début d’une représentation de la Commedia dell’arte. Ça promet.

« - Désolé pour mon autorisation pour la foire, mais mon lycan l’a mangé m’sieur Shidara ... »

Il me faut me mordre la lèvre inférieure pour m’empêcher de rire, mais je ne retiens en rien mon sourire. Son intervention va juste être passionnante et riche d’informations. Tourné vers l’assemblé, il commence son speech, pointant du doigt le doyen. Je ne suis que peu étonné, nous sommes tous ici par sa faute. Cependant le fait qu’il invective directement l’Izbranova me surprend quelque peu. Certes je n’ignore pas, malgré ses efforts pour le nier, sa participation des plus actives à la création des lycans. Pourtant quelque chose chez elle me dérange profondément, puisqu’en dépit des griefs que je peux lui porter ... il m’est presque impossible en sa présence d’exprimer ma hargne contre elle aussi vivement que je peux le faire avec Shidara. Étrange. Cela doit avoir un rapport, de près ou de loin, avec la secte qu’elle maintient et par vois de fait avec ses pouvoirs intrinsèques.
La vidéo ? De mauvaise qualité ? Ce n’est pourtant pas le cas. C’est l’odeur qui me fait tourner la tête rapidement. L’odeur puissante et caractéristique des lupins, plus précisément des lycans. Cette odeur, je l’ai croisée plusieurs fois donc deux importantes. L’une dans un parc, avec une représentante de la race particulièrement agressive et irrespectueuse. La seconde chez moi, avec deux membres de la meute Hirano, nos alliés. Mais là ... là c’est encore plus puissant, probablement parce que cette pauvre personne oscille entre ses deux formes. Je suis du regard le trajet de sa cage, jusqu’au centre de l’hémicycle.
Mon sourire s’est flétri, et ce n’est pas seulement le sujet qui en est la cause.

Certes il n’aurait pas été prudent, ni même certainement faisable, de faire entrer un lycan hors de contrôle dans l’enceinte du bâtiment. Pourtant cette cage, ces barres de titane liées à des chaînes pour entraver ses mouvements, me dérange profondément. Moi qui éprouve un grand respect pour la vie, quelque soit sa forme, la voir traiter ainsi n’est pas chose aisée. Seulement je constate que le lycan ne semble pas plus concerné que ça par son état de captivité. Il se débat comme un beau diable, donnant l’impression que ses entraves ne sont rien de plus que des piqures d’insectes.
Mon homologue américain disjoncte littéralement, le rire cynique et sinistre qu’il exprime en dit long. Ce lycan vient de ses terres, et donc il en a marre. Je ne peux pas le lui reprocher, je doute que j’aurai conserver mon calme dans une situation similaire. Et je pense que l’on doit être le jour de la « saint » Metuselah, vu comment les cloches sonnent pour lui. J’éprouverai presque un peu de compassion pour lui, au vu du savon magistral et du soufflage dans les bronches en règle que Bradley Dwight Hodgkin lui offre. Remarque il n’est pas le seul à en prendre pour son grade, Izbranova aussi, mais moins.

Le ... petit rouquin ... ? C’est de moi dont il parle ? Mon regard balaie rapidement l’assemblé et ... me le confirme. Parmi les quelques roux présents, je suis bien le seul à m’être exprimé pour ce soir. Aurait-il entendu mes paroles ? C’est ce que ses paroles me laissent supposées. Ce qui impliquerait qu’il est présent dans les lieux depuis bien plus longtemps qu’il ne semble. Je ne sais trop comment ... prendre ce surnom surprise pour le moment. Au vu de la tournure de son discours, je vais supposer qu’il n’est pas négatif.

Qu’entend-t-il par « régler le problème personnellement » ? Aucune concession ? Malgré moi je fronce les sourcils, je ne suis pas certain de vouloir être aussi absolu dans cette affaire. Pourtant je n’irai probablement pas contre lui pour autant. Un nouveau shérif en ville ... je doute qu’on shérif aussi absolu soit une excellente chose. A voir ce que ça peut donner. Les menaces explicitent qu’il offre à la chef du clan russe et au doyen, se passent de commentaires. Il est donc clair qu’aucun membre de son clan ne votera, pas s’ils veulent rester en vie.
Son départ est aussi théâtral que son entrée. Shidara lui lance un objet avant qu’il ne quitte la pièce. Parfait ... il y en aura au moins un qui va échapper à la longue nuit de débat qui arrive. Je l’envie.

Un brouhaha s’élève de toute part, ce qui peut totalement se comprendre. Pour ma part, j’étouffe un soupire avant de me tourner vers Sergio. Il écrit dans son petit carnet, comme toujours. Beaucoup plus consciencieux que moi, c’est aussi pour ça que notre duo fonctionne aussi bien. Notre discussion est brève mais me permet de cerner son avis sur cette intervention magistrale. N’arrangeant en aucun cas mes propres réflexions.
Junya Ryan réussit à ramener le calme, ce que le pauvre petit maître de cérémonie n’a point réussi. Sans effort apparent il recentre l’assemblé sur le sujet d’intérêt. Il traite même Shidara d’utopiste ... Je ne pensais pas pouvoir entendre ce type de qualificatif associé à son nom. Alors qu’habituellement il est plutôt associé à Ryan ou Manenheim. Et en effet, même l’ancêtre Shidara ne s’y était pas attendu au vu de sa tête, la surprise prenant la place de son sourire satisfait.

Un serviteur m’apporte un mot avant de s’éclipser. Tient cela faisait bien longtemps que je n’en avais reçu. J’ouvre le pli et lis rapidement son contenu : « Si vous êtes disponible après la séance, joignez-vous à moi. Il semblerait que Dwight Hodgkin souhaite s’entretenir avec nous. Junya Ryan. ». Encore plus intriguant tout ça. Avant de répondre à cette invitation pour une fête privée, le nom de Aaren Hermansson me fait m’intéresser plus encore aux paroles de mon futur hôte.
Alors comme ça c’est lui que la jeune Rosalie a mentionné plus tôt, de manière indirecte. Tout ceci est fort intéressant, vraiment très instructif. Donc bactérie ou virus transmis via morsure. Ca ne va en rien rassurer Asuna, vu qu’elle conserve la marque de son accrochage. Je ne doute pas que Sergio va scrupuleusement tout noter, on va en avoir besoin. De ce que la belle louve m’a expliqué, aucuns des symptômes délivrés ici ne s’est déclarés chez elle. Il est donc indubitable qu’elle fait possiblement partis des rares individus y échappant. Possède-t-elle une immunité ? Peut-être que la présenter à Junya Ryan et à cet Aaren Hermansson aurait des conséquences positives dans la recherche d’une solution pour les lycans.

Qu’avais-je de prévu après la session de ce soir à l’origine ? Ah oui traiter d’un point sensible avec Vittoria concernant la surveillance de ma mère ... Je vais demander à Sergio de voir avec elle. À mon tour, j’écris un pli à l’attention de Junya Ryan, « Je me joindrai à vous avec plaisir. » puis je signais. Je le donnais à un serviteur pour qu’il le remette au chef des Backloy Ryan, dès que son allocution serait terminée. Alors que je m’apprêtais à donner le pli d’invitation originel à Sergio et lui demander de s’occuper des détails avec ma sœur à ma place, j’entendis un bruit hautement surprenant me faisant fixer le doyen. Il venait de pouffer avant de répéter, bêtement, le qualificatif saugrenu utilisé par Ryan tantôt. J’ignore ce qui me surprend le plus : l’air débile qu’arbore Shidara ou bien son gloussement.
Ah oui les votes ... avec tout ça j’avais pratiquement oublié. C’est fou l’art que maîtrise l’ancêtre pour donner, sans ambages ni équivoque, l’envie de lui arracher les cordes vocales. Visiblement lui souffler dans les bronches ne l’a pas outre mesure fait comprendre ... c’est bien dommage.

Son sourire de retour, il affiche à la place de la photo de hunter, des composants chimiques et moléculaires. Mon grec est un peu rouillé mais point mon latin. Pourquoi diable nous montre-t-il tout ça ? L’explication ne tarde pas à venir. C’est donc à quoi ressemble la cellule souche des lycans. Il est bon de savoir que nous possédons une base génétique comme point de comparaison possible. Bien entendu l’ancêtre Shidara aurait préféré conserver l’information pour lui, cela va de soi. Je ne suis pas mécontent que Dwight Hodgkin et Ryan lui aient forcé la main.
Toute sa posture indique, sans équivoque, qu’il ne voulait pas nous donner ces informations-là. Bien entendu le vieux brisquard qu’il est, aurait préféré les taire, ou ne les distiller qu’au compte-goutte et uniquement lorsque ça lui aurait été profitable. Ainsi, si je comprends bien ce virus s’attaque en premier lieu au cerveau, puis à la longue fait péricliter tout l’organisme. Il est vrai que puisque c’est un virus, il peut s’adapter à nous soit naturellement soit avec un coup de pouce ... ce qui représente un danger potentiel non négligeable.

Je ne peux réprimer un soupire, ni de lever mes yeux au plafond, lorsque sa langue fourche. Irrécupérable. Tout ce qui l’intéresse est d’aller farfouiller dans les entrailles d’un pauvre lycan, plus ou moins innocent, pour mieux comprendre son affliction. N’a-t-il donc aucun respect apparent pour la vie ? Cela contraste fortement avec ses paroles à mon encontre. Il y a une réelle dualité en ce vampire, qui est je dois bien me l’avouer assez déroutante. Il ne possède pas d’antidote, soit, mais je ne suis pas non plus certain d’avoir envie de lui offrir toutes les clefs pour en trouver un. Ma confiance en lui a des limites fort bien définis.
En dépit de la bonne foi de Metuselah Shidara ... une interrogation reste en suspens : est-il impliqué de près ou de loin ? Est-ce que sa camarade de folie, Yesfir Izbranova, est impliquée dans toute cette affaire ? Il n’y a aucune réponse à ce questionnement sur l’instant.
J’observe un peu Izbranova à la dérobé. Son sourire amusée dénote particulièrement avec la situation. Après avoir été accusée, sans l’once d’une hésitation par son ennemi presque juré, les informations l’amusent. Sans grand saisissement, elle conserve le silence. C’est immanquablement mieux pour elle. A quoi bon nier les évidences depuis tant d’années, si c’est pour terminer par les confirmer ... et se mettre en porte-à-faux. Aucun piment, ni aucune logique dans cette notion.

Cette session n’en ait qu’à son balbutiement, et je ne rêve déjà que de la suite. J’avais presque oublié à quel point ces rendez-vous pouvait s’avérer prise de tête. Le jeune membre des Backloy Ryan, resté silencieux jusqu’ici, trompe un instant mon attention défaillante. Il porte un estoc supplémentaire au doyen, estoc qui me fait sourire à nouveau. Il n’est personne de suffisamment dupe pour supposer que Shidara agirait uniquement dans le cadre du bien commun. Cela irait bien entendu, et avant tout autre chose, dans son sens. Ce petit n’a probablement pas fait encore ses armes sur ce champ de bataille de faux semblant et de diplomatie, mais au moins, il n’a pas peur de dire son sentiment. C’est un bon point pour son futur.

Ce fût au tour de mon voisin du parc, Raphaël de La Roche de s’exprimer dans la continuité de son camarade de clan. À son tour, le voilà qui enfonce un peu plus le doyen, en portant une attaque de taille. Ces revendications sont justes. Shidara donne beaucoup d’informations, semblant précises à l’extrême tout en affirmant ne pas avoir eu le loisir d’étudier un lycan infecté. C’est assez paradoxal. J’aime vraiment beaucoup cet auteur de roman, d’autant plus avec son insinuation, tout en subtilité, qui est magistrale. Personne n’étant dupe, ou presque, des murmures emplissent une seconde fois l’hémicycle de leurs souffles. Nonobstant ces derniers, c’est avec une flagrante tentative de recentrer le débat sur l’essentiel qu’il poursuit. Je ne peux que lui donner raison.
Une fois sa tirade achevée, il se réinstalle sur son siège et retrouve son silence. Ce qui n’est pas le cas des murmures qui eux continuent, tantôt accusateur envers le doyen, tantôt moralisateur envers les deux derniers à s’exprimer. Peut-être aurais-je dû demander à Machiavel de quitter notre chère Italie pour se joindre au débat de ce soir. Cela n’aurait pu qu’être profitable ... ou plutôt extrêmement divertissant puisque mon conseiller se serait perdu en joutes verbales latines avec le doyen. Au moins, ce dernier aurait été fort occupé, une épine pour nous autres en moins.

J’hésite ardemment à mentionner maintenant mon alliance avec la meute Hirano. C’est une information importante, ne serait-ce qu’au vu de la situation délicate d’Asuna. Pourtant ... je ne sais quoi me retiens d’en faire part à cette assemblée. Les vautours majoritairement présents ne seraient que trop heureux de profiter de cette information. Je ne désire pas aider outre mesure Shidara et Izbranova à mettre la main sur mes alliés. Dieu seul sait ce qu’ils auraient comme idées à leur faire subir. Et l’erreur de Shidara plutôt ne fait que me conforter dans cette idée.
Peut-être qu’une demi-information ici, et une information totale lors de l’entrevue clandestine est un bon compromis.

« - Tout d’abord je tiens, Signorina Archet, à vous remercier pour le séraphique passage de votre chef. Ce fût une délicate et instructive surprise pour tous ceux présents ici, à n’en point douter. Cela nous permet de faire la lumière sur un point alarmant : les lycans infectés ne sont pas cantonnés ici. Il faudra probablement nous entrainer à les débusquer pour leur venir en aide, en dépit des risques encourus. »

En prime je lui adresse un léger sourire. Aucune ironie dans mes remerciements, j’ai vraiment adoré son passage au Sénat, bien qu’il fût des plus bref. Je me tourne ensuite vers la tribune des Backloy Ryan, c’est bien à eux que j’ai le plus envie de m’adresser ... même s’il faudra bien que je porte mon attention sur Izbranova et Shidara par la suite.

« - Les informations que vous avez pu découvrir Signore Ryan, en partenariat avec les Chevaliers des Ombres, nous seront fort utiles je n’en doute pas. Il est, corrélativement, très appréciable de savoir qu’Aaren Hermansson n’est pas un pantin et que les idées qu’il prône ainsi que son désir d’une société où tous pourraient vivre en paix sont sincères. Compte-tenu de la situation, il est plus que logique que votre allié éprouve certaines ... réticences vis-à-vis des nôtres, et qui serions-nous pour l’en blâmer ? Je gage que sa contribution, et celle de son ordre, seront bien plus constructive que celle de l’Ordre Reinfield concernant leur collaboration à la création des lycans. »

Je laisse un instant de pause dans mes paroles, je sais bien que tout ceci n’est au fond que du blabla me permettant d’amener sur le tapis ma propre alliance ... moins le nom de meute. J’embrasse, cette fois, l’assemblé complète de mon regard azur. La fortuna sorride a chi osa (la fortune sourit à ceux qui osent) comme on dit.

« - Comme je l’ai déjà mentionné, nombres de lycan n’approuveront pas notre aide à cause de la rancœur toujours puissante qu’ils éprouvent. Il nous faut garder à l’esprit qu’ils sont encore jeunes, et découvrent probablement encore de quoi ils sont capables. De surcroît, j’ose espérant que personne ici n’a oublié que leur création hasardeuse ne date que du siècle dernier. Merci, notamment, Signore Shidara e Signora Izbranova pour ce fait. »

Voilà que je donne dans l’ironie. Parfait !

« - Pourtant certains lycans ont réussi à aller de l’avant. Parmi ceux-ci se trouve une meute à laquelle mon clan est allié ... à statut égal. Ne vous méprenez pas, Senatori (sénateurs), sur mon absence de communication sur ce point. Il me semblait bien plus urgent, et important, de consolider une entente fragile, que de l’offrir en pâture aux loups qui peuplent cette assemblée. Cependant, ils sont disposés à accepter une aide vampirique, avec des limites, et à aider de leur mieux à l’avancement des travaux concernant la création d’un remède. Comme limites, je peux citer sans risques ces deux-là : pas d’expérimentations douteuses sur un lycan vivant, et aucune rencontre avec leur chef sans ma présence. Bien sûr ces limites sont essentiellement pour vous, Signore Shidara e Signora Izbranova, j’ose penser que vous le comprenez. »

Je me tais quelques secondes, entendant le retour des murmures plus ou moins appuyés, et nombres d’entre eux chargés de lourds reproches. Qu’importe, j’agis selon ma conscience et ce ne sont certainement pas ces crabes qui me feront changer. Mon regard se fait plus dur, pour ceux et celles qui sont dur de la comprenette, il est nécessaire de bien marteler cette dernière information.

« - La confiance ne se doit pas, elle se gagne. A l’heure actuelle, le chef de cette meute m’a accordé la sienne et la réciproque est vraie. Comprenez donc bien une chose : je les soutiendrai quoi qu’il advienne. »

Maintenant observons les réactions. La primeur du nom Hirano, ainsi que du cas particulier d’Asuna, je la réserve aux Signori Dwight Hodgkin et Ryan.

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