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Songe d'une nuit d'été



 
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 Songe d'une nuit d'été

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Sorcier Sang-pur - Spécialiste - Sentinelle
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Shinji Tsukishima
Sorcier Sang-pur - Spécialiste - Sentinelle
MessageSujet: Songe d'une nuit d'été   Lun 17 Sep 2018 - 20:16
Ding. Ding.

La pendule du hall sonne les deux heures du matin. Il est largement temps de dormir. Pourtant Shinji n’est pas fatigué. Ou plutôt il ne veut pas l’être. Il lutte contre le sommeil, sa plume traçant des lignes inlassablement sur le papier. Il refuse de dormir.  Il doit finir ce travail, et il sait très bien ce qui l’attend une fois les paupières closes. Toujours les mêmes rêves. Tantôt empreints d’espoir tantôt étouffant d’angoisse, tant ils sont réalistes. Chacun d’une cruauté usante. Soit il subit ces vieux souvenirs, impuissant, incapable de changer le cours des choses, soit il espère que ce ne soit pas un rêve, avant de déchanter lorsqu'il s'étiole, éternellement inaccessible.  Alors oui, Shinji lutte, Shinji se tue presque à la tâche. Pourtant, inévitablement, ses yeux finissent par se fermer et son corps s’affaisse sur son bureau.

Il se trouve au manoir, dans la même pièce, assis sur la même chaise. Mais les murs sont faits d’ombres. Des volutes de ténèbres qui prennent parfois la forme de visages connus. Tantôt une femme avec masque d’hypocrate, tantôt un jeune homme au regard haineux qui le fusille du regard. Ses démons, ils sont toujours là, chaque fois sous une apparence différente, mais ils ne le quittent jamais. Dehors, le ciel est obscur, et la lune brillent d’un éclat noir terrifiant. Pourtant, une lueur nait à l’horizon, et semble se rapprocher. Shinji se lève et descend, très vite, trop vite, pour aller à sa rencontre. La porte du manoir s’ouvre d’elle-même, comme si elle l’invite à sortir. Au loin une silhouette lumineuse se précise. La distance est grande, mais grâce au paradoxe du rêve, le sorcier distingue ses traits. Il les reconnait.

Alyssa !

La jeune femme s’arrête et lui sourit, plus radieuse que jamais. Ses lèvres se meuvent mais il n’entend pas. Alors il se rapproche, il court jusqu'à n’être plus qu’à quelques mètres. Elle continue de lui parler, sa voix lui parvient, mais il ne comprend pas ce qu’elle lui dit. Il est si près maintenant ! Il tend la main pour la toucher. Mais soudain, les dimensions se tordent. Les distances s’étirent. Si proche et pourtant si inaccessible, elle le fixe toujours, le regard plein d’espoir, et pourtant déçu. Petit à petit son sourire s’efface, ses lèvres se tordent alors qu’elle se met à crier, mais aucun son ne lui parvient. Il fait un pas pour la rejoindre, la main tendue devant lui. Mais ses jambes sont soudain lourdes, et Alyssa semble s’éloigner à chacun de ses efforts. Elle finit par s’immobiliser et pointe le sol du doigt. Quand il baisse le regard, il découvre un champ d’ombres, qui s’allongent en bras et s’accrochent à ses pieds pour le ralentir. Plus il force, plus elles tirent. Plus il se débat, plus elles se multiplient. Il relève la tête et il comprend. Sa course effrénée pour rattraper une chimère l’a mené droit à sa perte. Elle a essayé de le prévenir. À présent elle pleure. Alyssa tend une main vers lui pour l’aider, mais soudain elle est propulsée en arrière. Il voit sa bouche décrire un cercle dans un hurlement muet. Il tente de s’extirper mais les ombres s’affolent et l’engloutissent. La dernière chose qu'il voit, c’est cette lune noire qui semble sourire et se moquer de lui.

L’obscurité finit par se dissiper et l’abandonne dans un paysage morne. Les arbres ne sont que de vulgaires bois morts, tordus, prêts à ployer au moindre coup de vent. Le sol est sec et recouvert d'une fine couche de terre grise. Le peu d'herbe qui subsiste est ocre, brûlée par l’énergie solaire.L’endroit est désert, si on excepte les milliers de tombes qui se dressent de part et d’autre du sorcier. C’est un véritable paysage de désolation. Il perçoit des ondes sonores angoissantes, semblables à celles que l’on entend dans les films d’horreur lorsque quelque chose d’atroce est sur le point de se produire. Mais il distingue un autre son, irrégulier, qui se reprend en écho parmi les tombes, si bien qu’il lui est difficile de savoir de quelle direction il vient. À force de concentration, il finit par le reconnaître. Ce sont des sanglots.

Qui est là ?

Sa voix se perd dans le paysage infernale et finit emportée par le vent. Personne ne lui répond, et les sanglots se poursuivent. Il se met en quête de leur provenance, le coeur étreint par l’angoisse. Le bruit de fond commence à se dissiper, comme s'il souhaitait lui faciliter la tâche. Il distingue de mieux en mieux les pleurs. A la tonalité, il devine que ce sont ceux d’une femme. Il appelle, mais seul le silence lui répond. Finalement, à force de déambuler entre les allées, il tombe sur une silhouette frêle, agenouillée sur une tombe. Elle lui tourne le dos, mais il n’a pas besoin de voir son visage pour la reconnaître. Sa longue chevelure flamboyante ne permet aucun doute quant à son identité.

Alyssa ! Alyssa, c’est moi, je suis là !

Mais sa voix ne porte pas. Elle meurt comme s’il se trouvait dans le vide intersidéral de l’espace. Il lui parle, mais elle n’entend rien. Elle continue de sangloter. C’est alors qu’il décrypte l’épitaphe sur la tombe. "Shinji Tsukishima". La stupeur lui tord les tripes et il craint de comprendre. Il tend la main pour secouer son épaule et lui signifier sa présence. Mais il traverse son corps comme s’il n’était fait que de brume. Il lève ses bras devant lui, et constate qu’il n’est qu’un vulgaire spectre. Est-il vraiment mort ? Son coeur manque un battement lorsqu’il voit un visage à travers la vitrine du cercueil en terre. Le sien. Un coup de vent l’emporte dans les airs. Il ouvre la bouche, mais aucun son n’en sort. Il tend la main vers la silhouette blanche endeuillée, mais il finit par s’étioler dans le tourbillon furieux des intempéries.

Il traverse de nombreux courants ; à chaque virage, il voit une personne familière. Sa soeur, qui le regard l’air compatissant, mais consterné. Thomas, qui lui sourit tristement. Ses parents, qui le dévisagent en silence, déçus. Son rival, qui lui sourit diaboliquement. Sa supérieure, qui le toise derrière son masque de corbeau. Puis après ce qui lui semble être une éternité, le vent se calme et le dépose dans une petite clairière. Assis sur l’arrière train, il pose ses mains dans l’herbe fraîche. Son corps a repris consistance, mais pour combien de temps ? Il tourne la tête à droite et à gauche, avant de reconnaître le paysage. Il se trouve sur le terrain voisin à la maison d’Alyssa. C’était leur lieu de rendez-vous toutes ces années. Il lui semble encore entendre les voix furtives de ses spectres qui le hantaient il y a peu. Il se lève et contemple le ciel de son regard doré. Quelques visages familiers se dessinent, fugaces, quand il tente de suivre la danse des nuages. Ces rêves, cette prairie, cette maison, ces visages. Tout est familier, à un détail près. Son regard glisse finalement sur la silhouette d’une jeune femme qui l’observe. Il ne l’a jamais vue, ni dans le monde réel, ni dans ses songes, il en est certain.

Qui êtes vous ?

Il a hésité, longuement, avant de lui poser cette question ; allait-il pouvoir s’exprimer ? Quelle serait l’utilité de connaître la réponse ? Cette fois, sa voix s’est élevée sans contrainte. Le paysage autour de lui est calme, presque fidèle à la représentation qu’il en garde. Son esprit, assaillis par ses démons, s’est ainsi réfugié dans son repère le plus précieux, là où personne, jamais, n’a pu le trouver. Jusqu’à aujourd’hui...
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Anna Lena von Reizel
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été   Ven 12 Oct 2018 - 1:23
Aujourd’hui n’était pas une bonne nuit. Père avait décidé de débarquer au dernier moment, disant qu’il avait un moment de libre pour venir me rendre visite. Cela ne signifiait en rien qu’il avait envie de me voir, juste qu’il allait m’interroger sur mes rêves jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Sa nouvelle théorie était que le rapprochement géographique augmentait les chances que les gens apparaissent dans mes rêves prémonitoires. Il espérait ainsi que je visse des bribes du futur des sénateurs, et ainsi je ne sais quel complot ou alliance dont ils ne parlaient pas au Sénat. Il était également persuadé que j’oubliais une partie de mes rêves, raison pour laquelle il insistait lourdement. Je pouvais affirmer sans douter que c’était impossible. Chacune de mes prémonitions me marquait beaucoup trop. Mais lui préférait se faire des idées.

Albericht avait insisté pour qu’Ayumi vînt le chercher à l’aéroport, accompagné d’une de ses servantes. Il aurait pu venir avec son chauffeur officiel, mais je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il prenait un malin plaisir à démontrer à ma suivante qu’elle était encore sous ses ordres. Cette dernière éprouvait une haine viscérale à l’égard du chef du clan Von Reizel. Elle ne pouvait se libérer de son influence car un vampire sans clan devient extrêmement vulnérable et selon moi, mon père aimait à le lui rappeler.

Nous avions donc été réveillés en début de journée par la sonnerie du téléphone. J’avais eu du mal à me rendormir par la suite, de fort mauvaise humeur et stressée par la visite impromptue du chef de clan. C’est pourquoi mes yeux se fermaient tout seuls tandis que je m’efforçais de finir ma broderie pour me changer les idées en attendant son arrivée. Akiko, la seconde servante d’Ayumi, étant très occupée à gérer tout ce qu’il fallait organiser pour recevoir quelqu’un de son rang, j’avais dû trouver à m’occuper seule. Habituellement, je serai sortie me promener dans les jardins, mais comble de tout, il pleuvait. Sans personne pour me donner les couleurs que je souhaitais, je me doutais que ma broderie ressemblerait à un tableau contemporain, mais je ne voyais pas trop quoi faire d’autre. Je finis par succomber au sommeil et m’endormis sur mon ouvrage.

Je me tenais au milieu d’un espace plongé dans l’obscurité, avec la désagréable impression que j’avais encore plongé dans le rêve d’un autre. Le stress était un facteur important dans le déclenchement involontaire de mes pouvoirs oniriques. Je n’aurais pas dû en être si surprise. L’ombre se leva sur un cimetière. Je m’inspectai rapidement. Comme d’habitude, j’étais sobrement vêtue de blanc, une robe à bretelle qui m’arrivait juste sous les genoux. Il y avait beaucoup de vent. Généralement, je ne ressentais pas de température particulière, mais ici, les bourrasques étaient glacées. Pas de doute, c’était un cauchemar. C’était bien ma veine… Croisant les bras pour me réchauffer et levant les yeux, j’explorai les alentours du regard. Une jeune femme rousse pleurait devant une tombe. Ce n’était pas le propriétaire du rêve, car son visage m’apparaissait vide. Les rêveurs reconnaissent ceux qu’ils croisent par certitude, mais la partie du cerveau qui leur permet de se rappeler du visage n’est pas active. Cependant, j’avais la sensation que ces longues boucles rousses m’étaient vaguement familières. Je décryptai le nom sur la tombe : Shinji Tsukishima.

C’est alors que le rêveur arriva. C’était un jeune homme d’une vingtaine d’années aux cheveux bruns mi-longs. Son type asiatique contrastait fortement avec ses yeux dorés. C’était la première fois que je voyais des iris de cette couleur. Mais je n’avais jamais vu d’yeux violets comme les miens à part dans ma famille après tout. Il devait y avoir une multitude de couleurs rares. Il observait la femme rousse avec beaucoup de souffrance dans le regard. Il essaya de la toucher, mais échoua, comme s’il n’était qu’un spectre. Etait-ce le fameux Shinji ? J’avais de la peine pour lui, mais je ne pus m’empêcher de penser qu’il était bien ironique qu’il soit le fantôme au milieu d’un rêve où il était l’unique chose réelle.

L’obscurité revint, ne laissant place qu’à des visions fugitives de personnes. La plupart ne me disaient rien, mais j’en repérai une en particulier, une femme avec des cheveux du même noir que le rêveur. J’avais eu une vision d’une personne que je supposais être la même murmurait à l’oreille d’un corbeau. Celui-ci fonçait ensuite agressivement sur une fille à la chevelure de feu. La vision, comme parfois, devait être très métaphorique. Elle n’avait pas grand-chose de réaliste. Mais le hasard était bien farceur, s’il m’avait envoyé dans le rêve de quelqu’un qui leur était liées.

A nouveau, l’obscurité se leva. Nous étions visiblement dans une clairière. Mes pieds nus s’enfonçaient dans l’herbe fraîche et la mousse. Le vent était enfin tombé, me permettant de me réchauffer un peu. En observant ce nouvel environnement, je me rendis compte de la présence du supposé Shinji à seulement quelques mètres de moi. Il m’avait vue et m’observai, réalisant probablement que j’étais une intruse.

« Je me nomme Anna Lena. Je suis venue… par hasard. »


J’étais bien consciente de l'étrangeté de cette réponse mais hésitais à lui annoncer que nous étions dans un rêve. Cela provoquait parfois le réveil de son propriétaire, et je dois bien avouer que ma curiosité était piquée par le lien entre cette personne et ma vision.

« Quel est votre nom ? »
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Sorcier Sang-pur - Spécialiste - Sentinelle
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Shinji Tsukishima
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été   Sam 27 Oct 2018 - 18:26
La jeune femme a de longs cheveux châtains, assez lisses, coupés en frange sur son front. Elle est vêtue d’une ravissante robe à la mode européenne. Sa peau est pâle, sa silhouette est élancée et gracile. Elle lui fait penser à poupée. Cette inconnue donne l’impression que le moindre coup de vent peut l’emporter au loin, la briser d’une bourrasque trop forte. Pourtant, il ressent une étrange sensation. Elle a une prestance, une présence puissante. Il n’a jamais ressenti ça, dans aucun de ses rêves. Et il en a pourtant connu un grand nombre. Par ailleurs, il distingue très clairement les traits de son visage, fait incroyable, puisque d’ordinaire il est incapable de visualiser la face d’un inconnu. Le cerveau humain en est incapable, tout du moins. Seuls les traits des proches restent dans la mémoire d’un songe.

C’est alors qu’il capte son regard. Ses iris sont d’un violet profond, une couleur qu’il n’a jamais rencontré auparavant, même parmi les siens. Pourtant, la magie des sorciers influence souvent la couleur des yeux, de sorte qu’on trouve parfois des teintes très exotiques, comme la sienne. Ce regard, il a l’impression qu’il le transperce de part en part. Qu’il le lit, comme un livre ouvert. Il en est presque prisonnier. Il finit par rompre le contact visuel, mal à l’aise.

Fait encore plus étonnant, elle répond à sa question par une phrase énigmatique. Shinji repose ses iris dorés sur elle, les sourcils froncés. Que veut-elle dire ? C’est bien étrange. Mais n’est-il pas dans un rêve, après tout ? Qui sait ce que le subconscient peut inventer pour nous faire passer des messages ? Anna Lena. Un prénom occidental. Il est intrigué par cette facilité hors du commun qu’il a de capter ce genre de détail. Ce rêve a beau se dérouler dans un contexte familier, il lui semble totalement décalé de son quotidien. Comme si quelque chose d’unique se produisait.

Finalement, elle lui demande son nom. Il la fixe, sans un mot. Quel est donc le fil directeur de ce rêve ? Pourquoi est il confronté à une étrangère dont il perçoit distinctement les traits, qui lui répond de façon cohérente ? Il finit par secouer la tête. Il se pose trop de questions. Il devrait pourtant savoir que les rêves sont loin d’être facile à décrypter. Plutôt que de se prendre la tête, il décide de se laisser guider et s'incline pour la saluer.

▬ Je m’appelle Tsukishima Shinji. Enchanté, Anna Lena-san.

Même dans le monde onirique, il ne se sépare pas de sa bienséance et des convenances inculquées par ses parents. Il suit du regard la course d’un nuage, dont la forme lui rappelle vaguement celle d’un corbeau en plein vol. Ses jambes sont lourdes. Il est fatigué d’avoir été trimballé dans tous les sens, même s’il ne s’agit que d’un rêve. Il se rassoit donc en tailleur et passe ses mains nues dans l’herbe verbe. Les brins semblent s’enrouler autour de ses doigts. Paradoxe du rêve. Ils lui paraissent doux comme du coton ; sans doute est-ce la métaphore de ce que représente ce lieu pour lui.

▬ ça fait longtemps que vous m’observez ?

D’un geste, il l’invite à s'asseoir en face de lui. De toute manière, ce n’est qu’un rêve, et il peut enfin profiter d’un peu de sérénité. Alors, il ne va pas se créer de contrainte supplémentaire et accepte ce que son esprit lui présente. Sur l’arbre derrière lui, un corbeau se pose sur la branche la plus basse. Il croasse bruyamment, attirant l’attention de Shinji, qui se retourne, et constate que son pelage est blanc comme neige. Il fronce les sourcils ; ça lui rappelle le masque de sa supérieure… A peine a-t-il finit d’y penser que l’oiseau repart aussi vite qu’il est venu. Le sorcier aurait préféré y voir le plumage noir de son amie corneille.

▬ C’est étrange, finit-il par dire à sa mystérieuse interlocutrice. C’est la première fois que je vois une personne inconnue ici. Et c’est la première fois que j’en distingue les traits. D’habitude, je suis incapable de voir autre chose qu’un flou sur les visages des étrangers.

Une douce brise vient caresser sa joue et ébouriffer ses cheveux. Il arrache d’une main quelques brins d’herbe, qui continue de se tordre tranquillement entre ses doigts. L’un d’eux s’enroule même autour de son index, comme un serpent sur une branche. Il se laisse aller un instant à la contemplation de cet étrange phénomène onirique, avant de reporter son attention sur la dénommée Anna Lena.

▬ Je me demande ce que mon esprit a encore inventé, cette fois. Ce qu’il essaie de me faire comprendre.

Il parle plus pour lui même, mais s’est exprimé à voix haute. Il n’y a qu’en rêve, finalement, qu’il peut se montrer aussi… “bavard”. D’habitude il se tient à l’écart des autres, inconfortable face aux relations sociales. Peut-être que la présence de cette femme n’a pour but que de soulager sa conscience par le dialogue, au moins une fois dans sa vie.
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Anna Lena von Reizel
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MessageSujet: Re: Songe d'une nuit d'été   Mar 27 Nov 2018 - 13:27
Tsukishima Shinji… Ça ne me disait rien, mais il n’y avait pas de raison que cela me dît quelque chose, de toute manière. Je m’inclinai légèrement pour le saluer, comme m’a appris à le faire ma gouvernante japonaise.

« Moi de même, Tsukishima-san. »


Mon univers élevait protocole et politesse à une importance très élevée, mais je respectais particulièrement ces règles dans les rêves où je me sentais comme une intruse, un peu comme si j’étais entrée sans frapper chez un inconnu. En un sens, le simple fait que je fusse là représentait un certain irrespect. Je ne pouvais faire autrement car je choisissais rarement volontairement ces voyages. Je n’avais personne à aller voir. Tous mes proches se trouvaient dans le manoir où mon corps reposait. Il m’était cependant arrivée de rendre visite à mon frère Erik, brièvement et subrepticement. Je savais ainsi à quoi il ressemblait, mais je m’étais assurée qu’il ne me vît jamais. Nous ne nous connaissions pas, après tout. Cette intrusion dans son intimité spirituelle aurait pu l’offenser gravement. Je crois que j’avais également peur de découvrir qu’il nourrissait les mêmes sentiments que Père à mon égard.

« Ça fait longtemps que vous m’observez ? »

Pas à proprement parler. Jusqu’à ce que je fisse le lien avec ma vision, je n’avais pas vraiment l’intention de le faire, d’ailleurs. J’étais plus tombée nez-à-nez avec lui qu’autre chose, même si je l’aurais probablement cherché. La manière la plus simple de quitter un rêve était l’éveil de son propriétaire. Suivant son signe, je m’assis dans l’herbe, observant distraitement les herbes qui s’enroulaient lâchement autour de mes pieds nus tandis que je cherchais la posture la plus adaptée pour une aristocrate en robe. Ce genre d’étrangeté ne me surprenait plus. Tout pouvait arriver, dans un rêve.

« Non. Pardonnez-moi. Je n’avais pas l’intention de me montrer indiscrète. »

Un croassement bruyant me fit sursauter. Me retournant, j’observai le corbeau blanc qui s’était posée sur un arbre à l’orée de la forêt. Maintenant que j’y pensais, le corbeau de mon rêve était-il blanc ou noir ? Je n’arrivais pas à remettre le doigt dessus. J’avais tant de visions étranges. Tsukishima n’avait pas l’air ravi de le voir.

« C’est étrange. C’est la première fois que je vois une personne inconnue ici. Et c’est la première fois que j’en distingue les traits. D’habitude, je suis incapable de voir autre chose qu’un flou sur le visage des étrangers. »

J’haussai un sourcil surpris. La première, pour moi, c’était qu’un rêveur ait conscience de ces choses. L’essence-même d’un rêve était qu’on le prenait pour une réalité, du moins jusqu’à ce qu’on commençât à se réveiller. L’esprit faisait passer tout ce qui nous paraîtrait absurde dans la réalité pour une normalité. Le dormeur n’était pas censé comprendre qu’il ne voyait pas vraiment les visages. Tsukishima devait être dans cet état entre éveil et sommeil, où l’on est toujours plongé dans son rêve, mais où l’on a conscience qu’il s’en agit d’un. Il devait également avoir quelques bases théoriques de psychologie à propos des rêves, car la plupart des gens ignoraient qu’on ne faisait que plaquer un visage connu sur quelqu’un en rêvant.

« Je me demande ce que mon esprit a encore inventé, cette fois. Ce qu’il essaie de me faire comprendre. »

Je souris doucement.

« Ne vous torturez pas l’esprit, Tsukishima-san. Vous êtes juste en train de vous réveiller progressivement. Quant à moi, je n’appartiens pas à ce rêve. Je m’y suis juste égarée. »
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