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 Qui est-ce ? (Libre)

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MessageSujet: Qui est-ce ? (Libre)   Mer 20 Avr 2016 - 20:00

8h50. Le cours de chimie n'allait pas tarder à commencer. Anzu se leva péniblement du banc sur lequel elle végétait depuis maintenant plus d'une heure. Elle avait passé tout ce temps à observer cette fourmilière humaine géante qui s'activait dans plusieurs directions, dans tous les sens, qui formait et déformait des nœuds d'énergie avec toujours ce brouhaha incessant que produisaient leurs conversations souvent inutiles. Parmi ces individus, elle y décelait bien souvent deux formes d'aura différentes. Une qui appartenait aux vampires et le reste aux humains. Face à cette constatation, la louve avait poussé un profond soupir. Cela faisait quelques années qu'elle étudiait ici et jamais elle n'avait encore trouvé une odeur semblable à la sienne. A croire que les Lycans préféraient ne pas se mêler à cette foule mixte. La demoiselle s'empara ensuite de son sac avant d'emprunter le couloir qui menait à sa salle de classe.
Lorsqu'elle fit irruption dans le couloir, elle planta son regard loin devant elle pour ne pas avoir à croiser celui des autres. Anzu semait toujours des murmures et des interrogations à chacun de ses passages, il lui fallait à tout prix garder une contenance pour ne pas laisser transparaitre sa tristesse face à ce comportement grotesque. Elle entendait leur jugement rien qu'à travers leur regard réprobateur. Les étudiants la trouvaient bizarre. Sa présence les mettait mal à l'aise. Mais ce qui les dérangeait le plus, c'était ses yeux d'un bleu vif sans pupilles qui, chaque fois qu'ils les fixaient, donnaient étrangement le vertige. Personne n'aimait la regarder dans les yeux. Depuis son arrivée ici, personne n'avait osé la regarder dans le blanc de l'oeil plus de trois secondes d'ailleurs. Tandis qu'elle s'avançait avec précipitation vers le groupe d'élèves pour ne pas avoir à rester trop longtemps avec, ils s'écartèrent tous sur son passage avant de refermer le vide qu'elle avait laissé derrière elle. Elle entra ensuite dans la salle de cours discrètement puis se dirigea comme d'habitude, au fond de la classe. Mais alors qu'elle sortait ses affaires, elle sentit un regard insistant s'attarder sur elle. Bien que ce ne soit pas la première fois qu'on la fixe, elle ressentit pour la toute première fois, une sensation étrange et particulière. Curieuse, elle tourna alors la tête vers l'individu en question. Elle mit ensuite le bout de son crayon dans sa bouche avec nonchalance (et un brin de provocation) en l'observant de ses grands yeux bleus lasses.

"Qui est-ce ?" se demanda t-elle alors.
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MessageSujet: Re: Qui est-ce ? (Libre)   Sam 23 Avr 2016 - 17:31

Le pensionnat. Qu'est-ce que je faisais devant le portail ? Et à une heure pareille ... Ah, c'est vrai. Je n'avais pas pu refuser ce stupide défi. Si on pouvait appeler cela ainsi.

Tout avait commencé par une dispute avec l'un de mes frères. L'important n'est pas la raison de cette dispute parmi tant d'autres, mais plutôt qu'il finit par me dire de retourner terminer mes études, avant de lui faire la leçon. C'était peut-être sa façon de montrer son inquiétude, à me voir obsédé par mon travail jusqu'à en mettre de côté ma santé. Les souvenirs associés à cette époque étaient si douloureux que je lui laissai le dernier mot. En vérité, en réfléchissant aux faits avérés, il avait raison sur un point, sans même le savoir. Je n'avais pas réellement refermé ce chapitre de ma vie. Ce serait accepter que je ne reverrais sans doute jamais ma petite sœur, cet endroit étant celui où nous avions partagé le plus de temps. J'avais finalement pris ma décision après m'être confié à Jess, qui m'appuyait comme toujours, passant quelques coups de fils pour obtenir la permission de passer. Tant pis pour les conditions inévitables, au moins je devrais réussir à retrouver le sommeil au cours des jours suivants. Et voilà donc où je m'en trouvais à présent, incertain de si oui, ou non, c'était finalement une bonne idée. Seulement, c'était peut-être ma seule chance de repasser ici sans avoir à croiser qui que ce soit qui saurait me reconnaître.

J'essuyai la sueur qui me collait au front d'une main un peu tremblante après avoir refermé la porte du pavillon derrière moi. Voilà ce que cela faisait, passer ses journées enfermé entre quatre murs. Ma résistance au soleil s'en trouvait affaiblie, et ma santé avec. Ou alors, c'était cette nouvelle habitude malsaine de ne pas me nourrir correctement. Le plus vite j'aurais terminé cette visite, mieux je me porterais. Je devais m'accrocher à cet espoir. De toute façon, les lieux que je fréquentais autrefois n'étaient pas très nombreux. Peut-être devrais-je commencer par aller saluer le directeur et le remercier ? Ce serait la moindre des choses, je suppose. Cependant, en chemin, je m'arrêtai devant l'une des salles de classe dont la porte était ouverte. J'avais prévu de passer par l'une d'elles. Aussi bien le faire maintenant. Pour prouver que mon frère avait tort, pour vérifier si mes souvenirs étaient intacts, pour voir tout simplement si les installations avaient changé ? Peut-être un peu de tout cela à la fois... Perdu dans mes pensées, je ne me posai pas de questions sur la raison pour laquelle la porte était ouverte. Pas de professeur à l'horizon pourtant. Bah, un simple oubli n'était pas impossible non plus, n'est-ce pas ?

J'aurais dû me montrer plus prudent. J'étais en train d'examiner les livres placés à l'arrière de la classe, des manuels de référence sans doute, lorsque je sentis une présence non loin, en plus de devoir supporter les craquements du plancher. Je me figeai un moment, mais cette personne ne semblait pas m'avoir remarqué, et elle était seule, donc je retrouvai mes moyens bien rapidement, me contentant de me tourner vers elle pour la dévisager un moment. Cette fille ... Son odeur n'était pas tout à fait humaine, pourtant, ce n'était pas non plus celle d'une des nôtres. Se pouvait-il alors, qu'elle soit l'une de ces nouvelles créatures dont la rumeur se faisait entendre ? Une autre invention tordue de nos créateurs... Peut-être devrais-je tenter d'en savoir plus à ce sujet, maintenant que cela ne se résumait plus à une rumeur. C'est alors qu'elle se retourna, son regard rencontra le mien. Oh. Oh non. Je posai ma main contre ma poitrine, comme pour m'assurer que mon cœur allait y rester. Pourtant, c'est un large sourire qui s'étendit sur mon visage, un rire franc me prenant la gorge. Ce n'était pas souvent que les gens réussissaient à me surprendre autant, exception faite de mon adorée. Même lorsque je n'utilisais pas mes illusions, ils semblaient tous réglés comme des horloges, prévisibles et terriblement ennuyants. Rien que pour cela, ma visite en valant amplement la peine. Je repris mon souffle avant de me redresser vers la demoiselle, soutenant son regard particulier du mien, toujours avec ce sourire idiot. Il aurait fallu que je lui dise quelque chose. N'importe quoi. La politesse ancrée au plus profond de mon être me hurlait de me justifier, une fois de plus. Le problème, c'est que je manquais de temps. Les bavardages dans le couloir ne me le rappelaient que trop bien. La classe allait bientôt commencer à se remplir, petit à petit. Ça, je n'aurais pas su le supporter. C'était trop me demander, après trop peu de temps. De toute façon, je n'en avais pas le droit. Sans doute me jugeait-on trop instable pour me faire véritablement confiance.

« Vous ne devriez pas malmener votre crayon de la sorte. »

Bra-vo. Une remarque presque intelligente, et très pertinente ! Voilà de quoi la convaincre qu'on ne laissait pas n'importe quel fou se promener librement dans cette académie. Mais c'était mon côté artiste qui avait pris le dessus, les instincts ressortant alors que j'étais poussé par le cliquetis des aiguilles, je n'y pouvais pas grand-chose. Je la dépassai pour rejoindre le cadre de la porte, lui envoyant un simple salut horriblement désinvolte de la main sans me retourner avant de les remettre dans mes poches, comme si rien de tout cela ne m'importait vraiment. Son cours allait commencer, non ? Pas besoin d'effacer ma trace alors. Elle, tous les autres ... Quelle différence, après tout ? D'accord, faire le mur était pratique commune chez les étudiants, à moins que les mœurs aient déjà eu le temps de changer, mais j'étais juste le type que tout le monde évitait, consciemment ou non. Je m'étais fait à l'idée que c'était ainsi que tournait ce monde cruel. Je devais être maudit jusque dans mes gènes, né sous une mauvaise étoile. Ou alors, c'était juste à cause de ma différence trop prononcée. Le résultat restait le même.

Hrp ; En espérant que tu veuilles bien de moi !


La perfection n'existe pas... même chez les vampires, tout n'est... qu'illusion...


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MessageSujet: Re: Qui est-ce ? (Libre)   Lun 25 Avr 2016 - 20:07

L'individu en question finit alors par croiser son regard. Un éclair de surprise passa dans les yeux de la Lycane. A son grand étonnement, l'homme lui offrit un grand sourire. La plupart du temps, n'importe quelle personne se serait contentée de détourner les yeux comme s'il ne l'avait pas vu ou bien de baisser la tête. Pour la première fois depuis qu'elle a commencé ses études, Anzu eut tout simplement l'impression d'exister. Ou tout du moins d'être un peu moins transparente. Cette sensation, bien que minime, lui réchauffa cependant le cœur. Cela faisait bien des années qu'elle n'avait pas ressenti une chose pareille. La jeune femme se mit alors à fouiner dans sa mémoire, à la recherche de quelques souvenirs de ce visage pâle, de cet accoutrement particulier et de cette tignasse blonde, qu'elle aurait pu rencontrer dans la rue, ou même dans un autre temps. Mais malgré son esprit vif, aucun fragment d'image ne lui revenait. De nature méfiante, elle se mit à analyser les odeurs qui tournaient dans les airs. A ses naseaux, cet homme s'avérait être un vampire, sûrement d'un rang assez important vue ses vêtements. A cette constatation, son corps se raidit malgré elle. Mais tandis que son instinct naturel méfiant se manifestait, sans qu'elle s'y attende, celui-ci lui fit la remarque comme quoi il ne fallait pas maltraiter son crayon de la sorte, toujours ce sourire qui lui paraissait un peu gêné, accroché aux lèvres. Anzu, confuse, retira immédiatement le bout de bois d'entre ses dents, ayant totalement oublié qu'il y était. Tandis qu'elle reprit rapidement ses esprits, l'homme lui tournait déjà le dos et lui fit un salut, ce qu'elle considérait comme un au revoir. "Que faire ?" se demanda t-elle. "Le retenir ? Mais pourquoi ?" Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas eu de rapports normaux avec ceux qui l'entouraient. Elle se sentait seule, à l'étroit dans ce petit monde où elle ne trouvait pas sa place. Elle passait son temps à se faire observer d'un œil mauvais et inquiet à chaque endroit où elle passait. Pour la première fois, on daignait lui accorder un sourire, quelques mots... Juste un petit d'importance. Pour la plupart des gens, c'est sûrement un échange tout à fait banal mais pour elle... Pour elle, c'était presque trop beau pour être vrai. La classe commençait à se remplir. Il fallait réagir vite. Alors qu'il allait passer l'encadrement de la porte, elle prit une voix assurée malgré sa nervosité et s'essaya à lui répondre.

<< Peut-être devriez-vous vous joindre à moi afin de veiller à ce que je ne le maltraite pas plus ? >>

Le propre son de sa voix lui procura une sensation bizarre, comme si elle-même ne s'était pas entendue parler depuis des lustres. Comme si l'ignorance des autres avait fini par réellement l'effacer de ce monde et qu'elle se rendait compte qu'elle en faisait encore malgré tout partie. L'éclat éteint de ses yeux bleus finit lui aussi, par se remettre à scintiller timidement.


Hrp ; je veux bien de toi !
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MessageSujet: Re: Qui est-ce ? (Libre)   Mar 24 Mai 2016 - 8:28

Une voix s'éleva dans la salle de classe alors que j'allais sortir. Je supposais qu'elle appartenait à la demoiselle qui avait piqué ma curiosité. Après tout, elle venait de faire référence aux paroles que je lui avais adressé. Elle soulevait un bon point, d'ailleurs. C'était un prétexte, bien sûr, pour elle, comme pour moi, une fois de plus, mais peu importe. Alors ? Partir ou rester ? Dilemme. Cela pouvait très bien être un piège. J'avais entendu de ces histoires. Et puis cette école avait le don d'attirer un paquet de monde tordu, en accueillant des prédateurs naturels. Même entre semblables, ici comme ailleurs, on ne pouvait être sûr de rien. Et puis, j'avais encore tant de lieux à parcourir...

Ah ! Quelle farce, tout cela ! J'avais ramené tous mes effets personnels en quittant les dortoirs et Akahime en avait fait de même quelques semaines plus tôt. Cela ne ferait-il pas qu'accroître davantage la souffrance et la folie, en m'enfermant dans mes souvenirs ? Il n'y avait que la salle de musique qui m'avait véritablement manqué. Dessiner, ça, je pouvais le faire n'importe où. Oh, je n'aurais échangé notre piano familial pour rien au monde, seulement, se le partager, ce n'était jamais simple. En plus, ici, on pouvait souvent trouver quelqu'un pour nous accompagner. Les sons étaient bien plus agréables lorsqu'ils se mêlaient à d'autres, et faute de pouvoir savoir m'exprimer sans maladresses, je pouvais au moins avoir l'illusion de tisser de biens maigres liens dans ces moments, qui me suffisaient pourtant. Quant à ma sécurité, eh bien ... Je n'y avais jamais prêté grande attention, n'est-ce pas et je préférais juger par moi-même. Elle ne m'avait pas encore sauté à la gorge, à ce que je sache, quoique c'était peut-être parce que nous étions dans un lieu trop public. Rester m'attirer ait des ennuis, certes, mais ce n'est pas comme si ma réputation pouvait être pire, de toute façon.

Quelques chuchotements se répandirent autour de nous, de simples bourdonnements que je préférais ignorer, ils ne servirent qu'à me sortir de ma réflexion, vraiment. Je m'approchai simplement à nouveau jusqu'au bureau et ramassai le fameux crayon, le faisant rouler un peu entre mon pouce et mon index, décidant finalement de le garder, le faisant disparaître dans la poche de mon veston avec un sourire suffisant, fier de ma solution. Elle devait en avoir d'autres, de toute façon. Ce serait un souvenir de cette rencontre étrange.

« Vous n'avez pas remarqué ? Je ne porte pas l'uniforme. Votre professeur n'apprécierait pas ma présence. Il ne serait pas le seul. »

Ma voix était plus amère que je ne l'aurais cru. Ne m'étais-je donc toujours pas fait à cette vérité ? Il y avait un prix à tout, et le plus élevé était celui d'être honnête envers soi-même au dépens des autres. Comment faire autrement, lorsque le mensonge était plus douloureux ? Voilà quelque chose de concret, une question à creuser. Mais j'en avais déjà assez fait, assez dit. Je me contentais de la regarder, comme si je pouvais sonder son âme, découvrir ses intentions, ou même obtenir une réponse. Il lui faudrait mieux jouer, pour me retenir ici et me faire asseoir à ses côtés. À supposer que l'on ne me jette pas dehors sans plus de cérémonie, ce que j'aurais bien mérité. Pourquoi le devrais-je ? Outre la curiosité. Parce qu'elle était assez tendue pour que n'importe qui le remarque.

J'aurais pu aisément nous obtenir ce que nous désirions tous les deux, mais la vie n'était juste pour personne, après tout. De toute façon, dans mon état, il fallait mieux ne pas trop se fier là-dessus, sans compter que je ne dévoilerais pas toutes mes cartes à quelqu'un en qui je ne pouvais pas avoir confiance. Peut-être, au moins, réussirais-je à mettre le doigt sur ce qui n'allait vraiment pas, en m'écartant quelque peu de mes repères tirés à quatre épingles. Dans le cas contraire, la fuite restait toujours une option ! Pour l'heure, je ne pouvais pas la laisser sur cette vision vulnérable. On avait fait mieux en matière de premières impressions.

« Et il fallait que je tombe sur la chimie, bien sûr ... De mieux en mieux ! »

Le cynisme n'était pas tellement plus approprié, mais tant pis. Cela me démangeait depuis que j'avais jeté un regard rapide à ses livres, tout à l'heure. C'était pile le genre de cours auxquels on faisait référence en me faisant la morale ...


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MessageSujet: Re: Qui est-ce ? (Libre)   Mar 7 Juin 2016 - 2:50

Le jeune homme marqua un temps d'arrêt au son de sa voix. Aux traits de son visage, la demoiselle remarqua aisément qu'il était de nouveau reparti dans ses songes ou tout du moins dans une réflexion qui lui était alors inconnue. Ce qui la fit sourire légèrement. Ce garçon avait l'air souvent dans la lune, ou était-ce seulement un moyen d'échapper à cette situation qui le mettait peut-être mal à l'aise ? Tandis qu'elle continuait à le dévisager, les murmures de ses camarades commencèrent à s'élever autour d'eux. La louve détacha alors ses yeux du vampire pour jeter un regard bien senti sur ces curieux méprisables. Le blondinet fut soudainement tiré de ses rêveries et se dirigea d'une allure délicate vers le bureau d'Anzu. D'un geste adroit, il ramassa l'objet convoité et le dissimula dans l'une de ses poches pendant que la Lycane le regardait faire son petit tour de passe-passe, amusée. Mais ce petit divertissement fut vite dilué par l'intonation coupante du garçon, qui ne manqua pas de faire remarquer qu'il ne portait pas le costume de l'établissement et qu'il n'était pas tellement le bienvenu. Anzu marqua un temps face à ces propos. Il ne semblait pas être le genre de personnage à se conformer à des principes aussi douteux que pathétiques. Le vampire lui apparaissait maintenant comme une ombre fuyante, qui ne souhaitait plus que courir à d'autres endroits plutôt que de rester ici. Elle aurait bien voulu lui dire, que sa place était là où il avait envie d'être, qu'importe les réprobations d'autrui ou même les regards indiscrets. Qui étaient-ils pour juger ?

Le moral d'Anzu chuta d'un étage. Ca avait toujours été ainsi. A travers l'image de cet homme qu'elle ne connaissait même pas, elle revisualisait la terrible sensation d'avoir été collée à un décor comme une pièce qu'on essaie de rattacher sans grande conviction à un tableau dans lequel on ne tient pas sa place. D'être un morceau de papier décollé, qui aurait appartenu à une autre feuille mais qui aurait atterri là, sans trop savoir comment, sans trop savoir pourquoi, mais qui essaie de s'accrocher plus que tout, juste pour avoir un endroit où reposer. Un endroit comme cette école qui n'était pas son territoire. Comme cette salle de classe où deux individus qui ne se connaissent pas, essaient tout de même de créer des liens qu'on aurait pris plaisir à couper depuis leur naissance.

Elle entendit alors le prince râler. Apparemment, il ne semblait pas affectionner la chimie. Ce qui lui fit ouvrir de grands yeux ronds avant de prononcer un petit rire sincère qu'elle dissimula derrière ses longs cheveux.

La chimie avait toujours été une passion pour elle et faisait partie intégrante de ses objectifs. C'est sa mère qui lui avait transmis le goût de créer et modifier à partir de molécules, en procédant à de petites expériences mignonnes. Mais derrière ces manipulations, beaucoup moins dérisoires que de faire changer un papillon de couleur, Anzu ne manquait jamais d'oublier comment les Lycans, ses ancêtres et même ses parents, ont été créés. Les codes, les chiffres, les formules... La chimie avait aussi ce pouvoir dangereux de destabiliser un univers entier, pouvant aller jusqu'au Chaos même. Mais elle avait aussi le pouvoir de rectifier un tir qui a largement été déporté. La chimie, c'était plus qu'une vocation chez elle. C'était ce pour quoi elle était ici, toujours debout, dans les traces de sa mère. C'était un besoin, un rêve, une obsession que de pouvoir sauver des vies, ses congénères laissés aux mains de chasseurs qui ne cherchaient pas à comprendre la douleur d'un loup inachevé auquel on aurait arraché le choix d'être ou de ne pas être. De n'être seulement que l'ombre de soi-même pour finir par se perdre dans sa propre obscurité.

« Mépriser la chimie, c'est mépriser l'idée d'un avenir meilleur. Ou au contraire d'un avenir peu scrupuleux. Dans tous les cas, c'est minimiser son importance au rang de simple matière barbare »

Anzu se cala alors au fond de sa chaise avec un air sarcastique accroché au visage. Elle pouvait aisément comprendre pourquoi les gens n'appréciaient pas cette matière, mais elle n'acceptait pas pour autant qu'on la néglige. Machinalement, elle s'empara au passage d'un stylo, planqué dans sa trousse histoire de se donner une contenance et s'adressa de nouveau au garçon.

« Et pour votre présence, ne vous en souciez pas. Si vous avez peur d'eux, dites-vous qu'ils ont encore plus peur de moi. »

A ces mots, elle fit cliqueter le bout de son crayon avant de lui décocher un sourire radieux. Après tout, cela reste la vérité. On ne lui fera aucune remarque.
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MessageSujet: Re: Qui est-ce ? (Libre)   Dim 20 Nov 2016 - 17:24

Son rire me laissa perplexe quelques secondes, et mon visage devint encore plus grognon. Se moquait-elle de moi ? Ce n’était pas supposé être drôle, vraiment. Le simple mot me donnait la nausée. Ce n’était pas une question d’intelligence. Pendant les années qui avaient précédées sa disparition, père s’était mis un point d’honneur de nous inculquer à tous l’amour des connaissances, ne serait-ce que pour la curiosité que cela entraînait, et je portais cher en mon cœur les souvenirs des quelques parties d’échec qu’il m’accordait. J’avais même réussi haut la main les cours qui en composaient mon corpus. Non, le souci véritable était sans doute que mes souvenirs entre ces murs n’étaient pas des plus agréables, ainsi je ne possédais pas l’ambition de mes frères pour poursuivre au-delà des bases...

« Quelle importance, si personne ne suit les règles ? »

Loin de moi l’idée de croire que nous étions des erreurs de la nature, mais inutile de se voiler la face également. La réalité se pliait à la volonté des plus puissants d’entre nous, au-delà des simples lois de la physique. Et mon père en avait payé le prix cher. Quoi qu’il en soit, le mystère ne s’éclaircissait pas. Pourquoi était-elle toute seule ? Son visage n’était pas vilain, et si elle savait supporter ma présence, elle était bien capable d’en faire autant avec le plus banal étudiant qui pouvait parcourir ces halls. Ses opinions tranchées peut-être. Sans même avoir à poser la question, la réponse me fut offerte, ainsi que la plus grosse absurdité qu’il me fut donné d’entendre dans toute mon existence. Je dus déployer tous les efforts du monde pour qu’un rire bien trop malsain au vu de la situation ne secoue à nouveau de ma poitrine, mais un large sourire s’éprit de mes lèvres pâles. Moi ? Peur des humains ? Il y avait de quoi rire, vraiment. Outre le fait que je faisais partie de leurs plus horribles prédateurs, leur vie préservant la mienne, il ne fallait pas oublier que je me plaisais encore parfois à leur torturer l’esprit de promesses inachevées, bien que je n’avais jamais brisé ni tué personne, retenu par les principes qui m’avaient été inculqués depuis mon plus jeune âge. De plus, mon rang ne me protégerait pas des chasseurs élevés par les humains, si je devais pousser le vice trop loin.

« Je me demande, de qui de nous deux devraient-ils avoir le plus peur, alors. »­

J'avais le don pour ajouter au sinistre de la situation. Mais si je quittais les lieux maintenant, au prix de ma fierté blessée, ce serait admettre le contraire. Il était donc trop tard pour reculer, à présent, alors aussi bien se fondre dans la masse tel que j'en avais l'habitude. Je m'assis à regret aux côtés de la jeune femme, ressortant le crayon que je lui avais volé ainsi qu'un carnet, certainement pas pour prendre des notes, mais plutôt pour avoir une échappatoire si jamais je m'ennuyais à mourir. J'avais au moins un avantage sur elle, si elle était appelée à répondre à une question, je pourrais connaître son nom. Peut-être était-ce idiot de voir cette simple rencontre comme une joute verbale, mais cela permettait au moins d'aiguiser mon intérêt. Malgré tout une pointe de remord m'envahit l'espace d'un instant, cette situation ne pouvant que me rappeler la mienne quelques années auparavant. Mais je ne pouvais pas rattraper les années que j’avais perdu, je ne pouvais que tenter d’avancer dans les ténèbres. Ce n’est pas comme si j’avais la fibre d’enseigner, après tout. Je n’en avais tout simplement pas la patience.

« Mais vous vous en doutiez déjà, n’est-ce pas ? »

Ainsi, je lui confirmais que je devinais sa nature, et je me doutais qu'il en allait de même de son côté. Ni un ni l'autre n'appartenions réellement à cet environnement porté par une vie tranquille. Peut-être pourrais-je rassasier un peu ma curiosité.


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MessageSujet: Re: Qui est-ce ? (Libre)   Jeu 25 Mai 2017 - 0:47

Anzu ne manqua pas de remarquer les légers tressautements au niveau des épaules du personnage qui s'emparèrent de lui lorsqu'elle lui lança qu'il n'avait rien à craindre. Ce fut pratiquement imperceptible, signant l'effort surhumain qu'il avait dû faire pour ne pas lâcher un fou rire, mais elle savait remarquer les petites choses que personne ne semblait voir. Elle lui lança un regard un peu tranché en fronçant des sourcils. A vrai dire, il avait déjà eu la délicatesse de ne pas la faire passer pour une idiote, c'était déjà une bonne chose, quand bien même il y pensait fort. Instinctivement, elle se mit à croiser les bras. Elle n'appréciait pas qu'on puisse la considérer comme une imbécile, surtout pour une leadeuse de son rang. Mais soit.
Elle le laissa tout de même s'installer à côté d'elle, un peu touchée dans son égo. Mais lorsqu'il prit le temps de lui répondre, Anzu comprit immédiatement qu'il se doutait de quel côté elle était. Étrangement, cela lui fit plaisir et la rassura. C'était comme si les crises historiques s'étaient tues, juste pour laisser la place à cet instant, juste un temps; même si cela ressemblait à un semblant de conversation, il y avait un début à chaque grande époque.
Toutefois, la Lycane buttait sur ses propos. En y réfléchissant bien, il est vrai que la plupart des vampires considéraient les humains comme de parfaits casse croûtes. L'instinct, la nature, sûrement. Les suceurs de sang, les loups garous... Tout ce beau monde était placé à l'échelle de prédateurs, et toutes ces petites chairs roses en étaient les proies. Mais si elle avait fait cette réflexion, ce n'était pas pour rien. Anzu se méfiait des hommes comme de la peste, sûrement plus encore que ses adversaires. La demoiselle détourna son attention du blond qui sortit nonchalemment un carnet et son stylo puis observa tranquillement la classe qui s'étalait devant elle. Elle ne pensait pas forcément à tous ces innocents (ou plutôt inconscients) là. Mais elle avait déjà maintes fois eu le temps d'observer leur comportement au quotidien et elle avait fini par se persuader que la nature de l'homme était encore plus cruelle et abjecte que l'instinct d'un chasseur affamé de chair ou de sang.

« Vous avez raison. En réalité, ce sont eux qui m'effraient. »

Elle se surprit à prononcer ces mots qui sonnèrent comme un avoeu de sa part auprès de cet inconnu. Elle se mit à baisser les yeux, un peu honteuse. Mais en vérité, elle le pensait. A côté, elle-même pouvait largement les dépecer de leurs viscères si l'envie lui en prenait, ou même les tourmenter si cela lui chantait. Elle était nettement plus apte que n'importe quel individu lambda de massacrer, détruire et fracasser. Mais comment dire ? Ce qui l'effrayait, c'était leur aptitude à négliger la différence au point d'essayer de la faire disparaître, comme s'ils se considéraient comme au dessus de tout, malgré les forces surnaturelles qui les dépassaient de loin. Ils avaient la fâcheuse tendance à se prendre pour des Dieux. On sous-estimait encore ces créatures de base chétives et sans défenses. C'est souvent là qu'elles cherchaient à prendre les armes et qu'elles commençaient à devenir dangereuses. Les humains, eux aussi, évoluaient. La preuve par l'existence même des chasseurs. Mais comment leur en vouloir ?
Après tout, ils étaient si faibles, et effrayés. Les animaux effrayés sont souvent les plus à craindre.

« Mais j'imagine que vous trouverez cela absurde. »

Dans un bruit de fond, le tapage de la craie sur le tableau vert commença alors à se faire entendre. Page vingt quatre. Chapitre trois. Encore des molécules. Anzu entamait alors son premier cours de chimie en compagnie d'un parfait vampire à l'allure fatiguée. Mère aurait été fière.
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